26 novembre 1974: discours de Simone Veil pour la dépénalisation de l’avortement

« Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme - je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes - : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. » Ainsi parle Simone Veil, alors ministre de la Santé du gouvernement Chirac. Le 26 novembre 1974, elle défend le projet de loi sur l’IVG, l’interruption volontaire de grossesse qui dépénalise l’avortement. Le projet lui vaut d’être copieusement insultée et menacée par l'extrême-droite. D’aucuns ne manqueront de comparer l’avortement à ce que les nazis ont fait ; des allusions douloureuse pour une femme rescapée des camps de la mort. Le texte est finalement adopté à l'Assemblée nationale le 29 novembre 1974. La loi est ensuite adoptée au Sénat pour entrer en vigueur le 17 janvier 1975.