Spiritueux : la nouvelle star se nomme Tequila

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Malraux aurait dit, en son temps : « le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Celui qui lui a attribué cette sentence, que l’on ressort régulièrement à qui mieux mieux pour le pire plutôt que le meilleur, ne serait-il pas lamentablement trompé ? Ne fallait-il pas plutôt annoncer qu’il serait « spiritueux » ? Car à voir les tsunamis qui déferlent sur les linéaires de nos magasins depuis la fin du XXème, il y a de quoi se poser des questions. Certes, un bon sociologue pourrait, le doigt levé dans le sens du vent, tenter d’expliquer cette profusion spiritueuse par le mal être de nos contemporains. Mais est-ce bien là la raison unique du phénomène ? Le marketing et notre besoin permanent impossible à combler de nouveautés ne se font ils pas complices pour fournir a nos névroses de quoi s’apaiser en nous offrant toujours une nouvelle chose, forcément mieux que les précédentes ?

Il y a 30 ans, les Malts

Il y a eu, il y a une trentaine d’années, la mode des Malts ; puis vinrent les whiskies exotiques (d’Inde ou du Japon), puis, tel un ouragan furieux aux côtés du quel un tsunami sérieux ferait figure d’aimable plaisanterie ; la déferlante « Gin », avec ce qu’il faut d’ingrédients historicoco-nombrilistes pour satisfaire nos égos en mal de reconnaissances internationales. Entre les deux, on a vécu le délire des Vodka, ou l’on ne sait plus quoi inventer pour faire mieux que son concurrent ; cela va de la filtration sur des plaques d’or (pour rappel, si l’argent n’a pas d’odeur, l’or, à fortiori n’a pas de goût) à l’utilisation de céréales d’exception et d’un tas de belles histoires.

L’avénement de la Tequila

Et puis, maintenant, arrive la nouvelle tendance, le nouveau truc branchouille qui va déchirer sa race et la vôtre tant qu’à faire dans les prochains mois. Et gare à vous si vous n’en n’avez jamais entendu parler, ou, pire, si ce n’est pas à votre goût ; l’ostracisation vous guette l’air de rien. Allez, je vous rassure, je suis là pour ça. Vous connaissez en plus certainement déjà. Le nouveau machin qui va revigorer votre permanente se nomme Tequila.

Justement t’es qui là, toi, là-bas dans le noir ? Un alcool terriblement mexicain, à base d’agave bleue. Avec l’agave The Power (j’en ai d’autre encore plus lourdes en magasin si vous y tenez). Ensuite tout devient un rien plus complexe. Il faut dire que là-bas c’est un peu de mise. C’est en cela aussi que le nouveau produit des écuries Pernod-Ricard est hors normes, la maison met en avant l’origine du produit clairement. L’autre facette qui le rend hors normes tient à sa texture en bouche et à ses saveurs. Ce n’est pas le genre de bibine que l’on va transformer en Tequilla Boum-boum complètement torchés à 4h du matin enbtre mecs dans la cuisine pendant que les filles regardent l’Amour est dans le près au salon. Ou alors c’est que l’on est un gougnafier. Ce que je ne pense pas que vous soyez. Bref, celle-ci se décline en au moins deux versions : Silver et Anejo. La seconde est passée quelques temps en barrique de chêne histoire d’être un poil vanillée et gagner en complexité, mais, pour ma part, c’est la Silver, non vieillie donc, qui a mes faveurs. Dieu que c’est bon ça !

Oui, ça déglingue son homme en deux temps trois mouvements, mais si on y va molo, il y a moyen d’apprivoiser la bébête. Le nez est vraiment marqué par les notes fruitées, en bouche on est sur du romarin, du poivre noir, et une longueur assez stupéfiante. Je sais que pour faire joli il faudrait en faire un cocktail, mais, un peu rafraîchie, pas glacée, en fin de repas, cela vous sublime le dîner comme pas deux. Les fêtes arrivent, dès que vous aurez votre Bob, foncez vous offrir ce flacon que l’on trouve plutôt chez les cavistes et faites en bon usage. La Tequila Avion Silver se vend aux environs de 51,5€.

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