Un premier RER liégeois dès 2018 (infographie)

Deux mille trente : un horizon majeur pour la mobilité et l’environnement en région liégeoise. 2030, c’est l’échéance retenue par la Province et son Plan climat pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % et ce, alors que le secteur du transport est responsable d’une augmentation de 53 % de ces émissions ces 20 dernières années sur le territoire provincial.

2030, c’est également la date choisie par la SNCB pour boucler un RER dans les grandes villes du pays. Tous les trois ans, la SNCB veut franchir une étape dans la mise en place de ce réseau suburbain. Dans l’agglomération liégeoise, les infrastructures existent. Il s’agit de mieux répartir l’offre actuelle, de rouvrir des points d’arrêt et surtout d’élaborer un plan de transport intermodal en parfaite synergie avec les autres modes que sont le bus, le tram, la voiture ou le vélo. Ce programme est appelé Angelic au niveau national et est actuellement en pleine de phase de discussion.

Face à cette double échéance, Liège Métropole – réunion des bourgmestres de l’agglomération liégeoise – a structuré ses propositions dans un schéma qui prend en compte à la fois les lignes et gare IC actuelles mais également de nouvelles lignes RER avec utilisation de points d’arrêt existants et création de nouveaux. L’enjeu est de créer un véritable réseau régional dans un rayon de 30 kilomètres autour de Liège qui comprend les pôles de Waremme, Visé, Maastricht, Verviers, Aywaille et Huy qui se situent à environ une demi-heure en train du centre-ville liégeois.

Que propose Liège Métropole ? Une meilleure répartition de l’offre actuelle sur le créneau horaire, avec un renforcement durant les heures de pointe. En combinant offre IC et la future offre suburbaine qui remplacerait les omnibus, il pourrait y avoir un train toutes les 15 minutes aux heures de pointe dans certaines gares IC et arrêts RER et un train toutes les 20 minutes dans les autres gare et points d’arrêt. Une hypothèse de travail qui doit bien sûr résister à l’analyse de la SNCB (lire infographie).

Pour y arriver, il faut rouvrir des points d’arrêts. Liège Métropole en a identifié 14 sur différentes lignes, en fonction du potentiel d’attractivité, des possibilités d’embarquement rapide et des perspectives limitées de renforcement du réseau de bus ou de tram. La liste n’est pas fermée.

Un des meilleurs exemples est la réouverture de la ligne 125 A au trafic voyageurs avec arrêt à Kinkempois, Ougrée, Seraing, Many ou Val Saint-Lambert et Ivoz. Dans l’immédiat, Liège Métropole signale qu’il est possible de dévier les trains IC Mons-Liège à hauteur de Flémalle pour qu’ils traversent la Meuse avec arrêt à Seraing – où la Ville a fait d’importants travaux de réaménagement — avant de poursuivre vers Liège et Herstal. Par la suite, la ligne serait valorisée avec l’ouverture des arrêts RER cités ci haut. La SNCB a d’ores et déjà validé cette option.

Dans sa note qui doit encore être avalisée puis envoyée à la SNCB, Liège Métropole identifie cinq niveaux de transport public (TGV/IC-RER-tram-bus à haut niveau de service-bus classique) et insiste sur la nécessité de hiérarchiser cette offre à l’échelle de l’agglomération alors qu’aujourd’hui il existe des concurrences ou des doublons entre réseaux. « C’est un projet rassembleur qui est susceptible d’activer un potentiel de déplacement – scolaire notamment — avec une offre bien pensée qui sera une vraie alternative à la voiture », se réjouit le président de Liège Métropole Willy Demeyer. De quoi rejoindre les objectifs environnementaux du Plan climat.