Ce qui nuit le plus à la vie de famille? Le travail

Que vivent les parents d’aujourd’hui ? Qui sont-ils d’abord ? Quelles sont leurs difficultés, leurs besoins, leurs revendications ? C’est avec l’ambition de répondre à toutes ces questions (et d’autres encore) que La Ligue des Familles a décidé de lancer un grand « Baromètre des parents », pour la première année. Le Soir s’y est associé et publie ce jeudi, huit pages spéciales au départ des principaux résultats de l’enquête. L’occasion de mettre le focus sur les nouvelles familles d’aujourd’hui : familles monoparentales, familles recomposées. Et d’approcher au mieux les réalités que vivent les parents, de la recherche d’une crèche à la quête, semée d’embûches, d’un équilibre entre vie professionnelle et vie de famille.

A quoi ressemble la famille d’aujourd’hui ?

Elle a beaucoup changé. Si 60 % des familles ont une structure traditionnelle, 25 % sont désormais monoparentales et 15 % recomposées. Ces dernières sont les nouvelles familles nombreuses.

60 % des parents font garder leur enfant en bas âge au moins un jour par semaine. Etonnant ?

Le climat ambiant veut que ce soit compliqué de trouver une place en crèche. Le taux de couverture de l’ONE est de 30 % en Wallonie et à Bruxelles. L’enquête concerne une garde au moins un jour par semaine, elle ne se penche pas sur le choix premier que les parents avaient formulé et qui n’a pas forcément été rencontré. Par ailleurs, ce que montre aussi le baromètre, c’est que beaucoup de parents trouvent les crèches trop chères et n’y mettent plus leurs enfants à temps plein. Et un tiers des parents ont des enfants qui ne fréquentent pas du tout une structure d’accueil. L’ONE est en train de réévaluer ses critères d’accueil, car il est tout aussi important pour un enfant dont les parents travaillent que pour un enfant dont les parents sont au chômage de fréquenter un milieu d’accueil.

Quelles sont les pistes de réforme ?

Continuer à ouvrir des places et maintenir un service égal partout. Dans le Brabant wallon ou à Namur, par exemple, le taux de couverture est élevé, à peu près 60 %. Mais cela ne signifie pas que la demande est satisafaite. A l’inverse, dans les provinces de Liège et du Hainaut, le taux de couverture est beaucoup plus bas, mais il y a aussi moins de demandes. L’idée est de lutter contre une dualisation du système. Il y a aussi une réflexion en cours sur l’accueil à des horaires décalés.

Qu’est-ce qui nuit le plus à la vie de famille ?

Le travail. Concilier vie professionnelle et vie privée est de plus en plus compliqué, montre l’enquête. Un parent sur dix travaille parfois le week-end. Un parent sur six a des horaires irréguliers. Un parent sur vingt travaille parfois de nuit. Les systèmes de garderies ne sont pas adaptés à ces horaires fluctuants. Les parents sont très créatifs, ils mettent en place une série de systèmes qui leur permettent de s’en sortir. Six parents sur dix disent qu’ils veulent passer plus de temps avec leur famille, mais n’y arrivent pas. Seuls 20 % disent parvenir à concilier vie de famille et travail de manière satisfaisante.

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