Régionales en France: le coup de semonce annoncé

La confirmation des urnes est terrible pour un pays que la terre entière regarde depuis les attentats de Paris. L’édito de Christophe Berti.

Rédacteur en chef Temps de lecture: 3 min

Le raz-de-marée était annoncé, rien ne l’a arrêté. Et le sourire carnassier de Marine Le Pen en direct de Henin-Baumont, ce dimanche soir vers 20 h 30, était bien glaçant. Le Front national est arrivé en tête dans 6 des 13 régions françaises, au premier tour des élections régionales. Avec des scores monstres de plus de 40 % dans le Nord-Pas de Calais-Picardie et en Paca, entre autres.

C’est un coup de semonce et même si les sondages avaient annoncé la couleur, la confirmation des urnes est terrible pour un pays que la terre entière regarde depuis les attentats de Paris.

C’est une claque, d’abord, pour la classe politique française traditionnelle, engoncée dans ses polémiques vaines et ses caricatures. Ni la gauche ni la droite n’ont empêché, depuis plus de vingt ans, la montée quasi constante du FN. Une classe politique qui va maintenant se déchirer sur la nécessité ou pas, d’un front républicain pour faire barrage à Marine Le Pen. Dès 20 h 30, hier, Nicolas Sarkozy refusait d’ailleurs tout retrait ou toute fusion de liste. Tandis qu’au PS, Cambadélis annonçait le retrait dans deux régions...

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Pourquoi ?

Mais ensuite, et surtout, la vraie question, c’est de comprendre pourquoi près de 30 % des Français ont voté pour un parti extrémiste dont le programme simpliste ne constituera jamais une solution de fond pour nos sociétés. La question est claire, la réponse est complexe. Mais il est évident que les partis traditionnels apparaissent souvent à bout de souffle, tournés vers eux-mêmes et de plus en plus loin des préoccupations directes de la population. Ils ont laissé au FN un espace énorme. Sans aucun doute, les attentats du 13 novembre ont pesé dans la balance, mais quand on voit que Marine Le Pen récolte 50 % des voix à Calais, il est clair que la crise des migrants est aussi un facteur majeur du scrutin.

Enfin, nous aurions bien tort de croire que la frontière est étanche et sert de cordon sanitaire inamovible. Dans les deux régions françaises frontalières avec la Belgique, le FN est arrivé en tête, et de loin, ce dimanche soir. Les derniers sondages dans le Royaume, qu’ils soient politiques ou qu’ils concernent le niveau de confiance de la société belge, montrent souvent, depuis des mois, qu’un terreau existe sans doute pour une montée de l’extrémisme.

Jusqu’ici, les représentants des partis extrêmes chez nous sont soit totalement caricaturaux soit insignifiants. Mais nous ne sommes malheureusement pas immunisés à vie.

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