Des attentes salariales «irréalistes» pour les jeunes diplômés?

Près de la moitié des étudiants de l’enseignement supérieur espèrent débuter leur carrière avec un salaire brut de plus de 2.500 euros par mois. De telles attentes sont irréalistes, selon Attentia.

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Ah, la dure réalité du marché de l’emploi ! Comme nous le signalions récemment dans notre guide « Young Starters » pour les jeunes diplômés, peu nombreux sont celles et ceux qui, dans le cadre d’une interview de recrutement, auront la possibilité de « négocier » réellement leur salaire. Un constat d’autant plus cruel que les attentes salariales des jeunes diplômés sont peu réalistes, selon le prestataire de services RH Attentia.

« Quelque 40 % des étudiants de l’enseignement supérieur espèrent débuter leur carrière avec un salaire brut de plus de 2.500 euros par mois. Un tiers d’entre eux pensent aussi qu’ils seront promus après leur première année de travail », relève Attentia sur base d’une étude menée auprès de 800 étudiants sur le point d’obtenir leur diplôme. « Nos chiffres prouvent que la réalité est bien différente. Normalement, le salaire d’un bachelier qui commence à travailler fluctue autour de 2.150 euros, soit un montant inférieur de plus de 15 % par rapport à ce que les étudiants espèrent gagner. Pour le titulaire d’un master, ce montant s’élève à 2.450 euros brut. Par ailleurs, très peu de jeunes diplômés sont promus après une année.»

Réalisée en collaboration avec des étudiants de la Haute École Artevelde de Gand, cette étude met aussi en exergue les principaux critères de choix des starters à la recherche de leur premier emploi. « 

Si les étudiants ont une idée erronée de la rémunération et s’ils espèrent trop vite obtenir une promotion, ils sont disposés à continuer à approfondir leurs connaissances. Ils accordent même plus d’importance à ce point qu’à l’amélioration de leur confort personnel, précise-t-on dans l’étude. La plupart d’entre eux préfèrent suivre des formations plutôt que de bénéficier d’autres avantages plus matériels, comme des repas gratuits, une garderie et des activités culturelles ou sportives. »

D’après Attentia, « les résultats de cette étude montrent, de manière assez surprenante, que les femmes accordent toujours plus d’importance aux avantages de nature « familiale » que les hommes. »

Par exemple, la possibilité de travailler à temps partiel est importante pour 32 % des femmes mais seulement 14 % des hommes, la possibilité de travailler à la maison est importante pour 37 % des femmes (28 % des hommes), de même qu’un bon équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle (40 % des femmes, 22 % des hommes).

Les jeunes diplômés ayant des attentes complexes et divergentes, il est dans l’intérêt de l’employeur qui veut se montrer attractif de prouver qu’une part importante du « package » qu’il propose comporte d’autres aspects que la seule rémunération comme l’ambiance, le plan de carrière ou les formations, entre autres. « Les entreprises peuvent se démarquer par une politique d’investissement dans les domaines de la motivation, de la vitalité et de l’énergie. Ces efforts améliorent l’ambiance et contribuent à motiver les collaborateurs, estime-t-on chez Attentia qui encourage parallèlement à proposer des formes de rémunération plus flexibles. Pour les entreprises, il pourrait s’avérer contre-productif d’accorder à leurs collaborateurs un salaire de base trop élevé : cette option coûte très cher à l’entreprise et ne garantit absolument pas que le nouveau jeune employé se dévouera davantage pour elle. »

 

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