Les huit propositions de Marcourt pour un islam de Belgique

Ce lundi, le ministre wallon de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, a présenté les conclusions du rapport de la commission « islam de Belgique », chargée de réfléchir à la formation des cadres musulmans en Belgique et présidée par Françoise Tulkens et Andrea Rea (ULB). Les membres de la commission, à savoir principalement des représentants des trois grandes universités francophones ainsi que l’Exécutif des Musulmans de Belgique, lui avaient remis le texte finalisé vendredi. Nous en avions livré les grandes lignes dans nos éditions de samedi.

A lire sur Le Soir+ : Voici comment on va former les imams à «l’islam de Belgique»

Au départ des recommandations formulées par la commission, le ministre a présenté huit mesures politiques, dont cinq qu’il entend concrétiser à court terme et trois à moyen terme. Un budget de 470.000 euros a été dégagé à cet effet pour l’année 2016.

1.  Des cours de langue pour les imams déjà reconnus. Une grande partie des imams officiant en Belgique ne parle toujours pas le français, alors que leur arrivée en Belgique remonte à de nombreuses années. Le Ministre voudrait rendre ces cours obligatoires. Attention cependant, si les imams doivent être capables de s’exprimer en français pour le langage usuel, il est impossible, légalement parlant, de leur imposer de donner leurs prêches en français.

2.  Des formations théologiques et sociétales pour les conseilleurs moraux, qui œuvrent dans les prisons, les hôpitaux, les IPPJ, etc. Pour ce faire, le ministre wallon devrait collaborer avec le ministre fédéral de la justice. Des contacts ont déjà été pris à ce sujet avec Koen Geens.

3.  Le soutien à l’initiative conjointe de l’Exécutif des Musulmans de Belgique et de l’UCL du « Certificat universitaire didactique de l’enseignement religieux » pour la religion musulmane (CDER-Islam). Le ministre souhaite aussi que cette formation soit obligatoire pour tous les professeurs de religion islamique. Les membres de la commission le préconisaient.

4.  Un soutien à la formation en « Sciences religieuses et sociales consacrée à l’islam dans le monde contemporain » organisé par l’UCL et l’Université Saint-Louis.

5.  La création d’un « Institut de promotion et de coordination des initiatives relatives aux formations sur l’islam ». Cet institut aurait pour rôle de centraliser toutes les formations déjà existantes, d’une part, et d’en organiser de nouvelles, d’autre part. A plus long terme, il est également attendu de l’institut qu’il mette sur pied un baccalauréat en sciences religieuses et sociales et un master en théologie musulmane.

La concrétisation de ces cinq premières mesures devrait survenir dans le courant de l’année 2016.

6.  La création d’une chaire interuniversitaire d’islamologie « pratique », c’est-à-dire d’étude de l’islam contemporain, qui dépasse donc l’islamologie « classique ».

7.  La mise en place d’une émission concédée à l’islam. Rappelons que tout culte reconnu a droit à une émission concédée sur la RTBF. Pour ce faire, une ASBL reconnue par l’organe chef de culte doit déposer en projet en ce sens. C’est en réalité ce point qui a jusqu’ici posé problème : la communauté musulmane de Belgique ne parvenant à se mettre d’accord.

8.  Un « quota » de femmes dans les comités de gestion des mosquées. Le ministre souhaite en effet imposer une plus grande présence féminine dans les « comités chargés de la gestion du temporel du culte des communautés islamiques locales ». Pour ce faire, Jean-Claude Marcourt devra s’entendre avec ses collègues et notamment le ministre en charge de ce qui concerne la reconnaissance des lieux de cultes par la région, à savoir Paul Furlan.

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