CSC et CGSP déposent des préavis de grève sur le rail pour janvier

Les préavis de grève concernent le 6 et le 7 ainsi que les 21, 22 et 23 janvier.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Le front commun syndical CSC-Transcom et CGSP Cheminots a déposé un préavis de grève de cinq jours en janvier : d’abord deux jours (les 6 et 7 janvier), puis trois (les 21, 22 et 23 janvier 2016). « Nous n’avons pas d’autre choix que de créer un rapport de force dur » expliquent les syndicats qui assurent une cohésion totale, tant entre organisations qu’entre ailes linguistiques.

Augmenter la productivité des cheminots

C’était prévisible, les organisations représentant les travailleurs ont rejeté le projet de protocole social 2016-2018 et les mesures visant à assurer l’augmentation de la productivité des cheminots proposés par les directions du rail (SNCB et Infrabel) et leur filiale de ressources humaines (HR-Rail). « Un rejet total » assurent même, en chœur, la CSC-Transcom et la CGSP Cheminots.

Ces mesures visent à augmenter la productivité des cheminots, base sociale du plan stratégique de la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant. Parmi celles-ci, la suppression d’un jour férié (le 15 novembre fête du roi), limiter le quota d’absence pour maladie, introduire le télétravail, etc. Au total, selon les calculs des directions, ces mesures devraient permettre d’augmenter la productivité moyenne de 1h30 par semaine, sans compensation.

« Nos propositions visent à améliorer le service à la clientèle et à accroître la productivité sans nuire au statut du personnel. Les fondements de notre réglementation sont maintenus, mais certaines lacunes et applications incorrectes de la réglementation issues du passé sont toutefois touchées par ces mesures » déclare Michel Bovy, directeur général de HR Rail.

« Les employeurs du rail imposent leur vision »

Côté syndical, l’analyse est radicalement différente. Pour satisfaire les exigences de la ministre, les directions voudraient toucher à « l’emploi, à la sécurité des voyageurs et des travailleurs du rail, aux temps de travail et conditions de travail, à la flexibilité et aux congés. » Rupture des négociations ? « Il n’y a aucune négociation sur ces matières. Les syndicats sont concertés, voire informés mais le contenu des rencontres s’arrête à cela. Les employeurs du rail imposent leur vision, sans aucune écoute et veulent le passage en force de toutes ces mesures. » Quant à l’absence de propositions alternatives, dénoncée par le patron de HR-Rail, Michel Bovy, lui-même ancien responsable syndical : « C’est un mensonge et on peut le prouver, réplique Isabelle Bertrand (CSC-Transcom).Les syndicats ont déposé une réécriture complète du protocole, avec des contre-propositions innovantes et mieux équilibrées. » Qui rappelle également que, par le simple non-remplacement des départs naturels, les cheminots ont déjà assuré une augmentation de 40 % de la productivité ces dix dernières années.

Ayant respecté la procédure avant de lancer leur préavis, ce jeudi, les syndicats ne désespèrent pas d’une amélioration du dialogue lors des échanges de conciliation prévu dans le protocole de déclaration de grève. Sinon, les navetteurs connaîtront le mouvement crescendo des grèves en janvier.

 

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