Les yeux tournés vers COP21

À l’approche de la clôture des travaux de COP21, nous avons interrogé les partenaires de DEMAIN LA TERRE.

Temps de lecture: 8 min

Ces interlocuteurs, proactifs sur les questions environnementales, soutiennent depuis le début notre initiative rédactionnelle. Nous les avons soumis aux mêmes questions.

Solvay

Quelles sont vos attentes précises autour de COP21 ?

Jean-Pierre Clamadieu, CEO de Solvay : J’attends un accord ambitieux et contraignant qui nous place sur une trajectoire de limitation des hausses de température sur notre planète à +2ºC. Nous espérons aussi un signal fort donné en faveur d’un prix du carbone, car c’est pour nous la manière la plus simple d’intégrer le coût pour la collectivité planétaire que représente une tonne d’émissions de CO2 dans nos décisions d’investissement. Il existe différentes solutions mais les mécanismes de marché sont pour les industriels la voie la plus efficace. Ce sont ces mécanismes qui créeront une demande pour des technologies bas carbone. C’est porteur d’opportunités pour les entreprises et de solutions pour la planète.

Quel est, dans votre domaine, le principal écueil en matière d’environnement ?

Chez Solvay, certaines de nos activités industrielles sont énergivores et émettrices de CO2. C’est pourquoi nous avons décidé de réduire de 40 % l’intensité CO2 de nos activités d’ici à 2025, c’est-à-dire nos émissions de gaz à effet de serre par euro de valeur ajoutée. Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous misons sur l’accélération de notre programme d’efficacité énergétique SolWatt, l’optimisation continue de nos procédés industriels, le développement de technologies propres ainsi que l’augmentation de la production et de l’approvisionnement en énergies renouvelables. Par ailleurs, nous mettons en place un prix du carbone interne de 25 euros par tonne de CO2 pour intégrer concrètement les enjeux climatiques à nos décisions économiques de long terme.

À votre échelle, quelle est la meilleure solution mise en place par vous à ce jour pour épargner notre planète ?

Solvay intervient aux côtés de ses clients pour réussir la transition vers un monde bas carbone. Dans le secteur des transports par exemple, outre la question centrale de la motorisation, la réduction des émissions passera par l’allégement des véhicules. 100 kg en moins sur le poids d’une voiture, c’est 10g par km d’émissions en moins. C’est grâce à la chimie qu’on dispose aujourd’hui de matériaux plus légers et performants. C’est grâce à elle aussi qu’on peut développer des nouveaux systèmes de batteries pour mieux stocker l’énergie. Dans le même ordre d’idée, nous venons de finaliser l’acquisition de Cytec, un champion des technologies composites. Cytec renforcera notre capacité à apporter des solutions d’allégement des structures dans l’aéronautique et l’automobile.

BEBAT

Quelles sont vos attentes précises par rapport à la COP21 ?

Nele Peeters, marketing manager de Bebat : À nos yeux, il est important que cette démarche aille plus loin qu’un macro-accord mondial, et qu’elle soit aussi mise en œuvre au niveau individuel. Plus le seuil d’accès à ces actions sera bas, plus nombreux seront les participants. La collecte des piles usagées est un excellent exemple de petit effort individuel qui fait une grande différence collective. Bebat s’efforce de simplifier autant que possible la collecte des piles, via un grand nombre de points de collecte (24.000 dans toute la Belgique). Il appartient désormais aux pouvoirs publics et aux grandes entreprises de réfléchir à des actions simples. Chaque citoyen pourra ainsi contribuer au quotidien au monde de demain, tant pour lui-même que pour les générations futures.

Quel est, dans votre domaine, le principal écueil en matière d’environnement ?

Les gens n’ont pas toujours conscience qu’un petit effort peut avoir des retombées considérables. À titre d’exemple, la collecte des piles usagées a pour effet à la fois de restreindre le volume de déchets, mais aussi de réduire l’exploitation des matières premières naturelles. Quand on voit les choses sous cet angle, le recyclage d’une seule pile usagée fait déjà une différence ! Savez-vous qu’on compte dans un ménage belge moyen 129 piles, dont 17 vides ? Et que le nombre de piles détenues par chaque famille ne cesse d’augmenter d’année en année ? Malgré ses impressionnants chiffres de collecte, Bebat reste confronté à un défi d’envergure : encourager encore davantage les Belges à déposer leurs piles usagées dans un point de collecte.

À votre échelle, quelle est la meilleure solution que vous ayez mise en œuvre pour préserver notre planète ?

Malgré la mauvaise presse récoltée par la Belgique au sommet de Paris, nous pouvons être légitimement fiers d’être les nº1 européens du recyclage des piles et batteries. Tous les ans, Bebat offre une seconde vie à plus de 2.600 tonnes de piles. En tant qu’entreprise, nous estimons aussi qu’il est important de limiter l’impact environnemental de nos collectes, en prenant diverses mesures spécifiques. Nous avons notamment recours à un display intelligent qui réduit le nombre de transports, nous utilisons des véhicules hybrides et notre bâtiment est virtuellement autosuffisant énergétiquement grâce à des panneaux voltaïques et à une pompe à chaleur. Pour Bebat, la sensibilisation et la formation des jeunes générations est un objectif stratégique, car ce sont les enfants d’aujourd’hui qui géreront la planète de demain.

LAMPIRIS

Quelles sont vos attentes précises autour de COP21 ?

Grégoire Van Cutsem, directeur marketing de Lampiris : Qu’on arrive au minimum à un accord et que l’objectif de 2 degrés soit atteint, évidemment ! Chez Lampiris, nous avons misé sur une approche durable dès le début, tant en proposant systématiquement de l’énergie 100 % verte à nos clients qu’en soutenant plusieurs organisations qui agissent pour la protection de la nature : Natuurpunt, Natagora, Made in Abeilles, etc.

Quel est, dans votre domaine, le principal écueil en matière d’environnement ?

Le budget et le manque de partenaires pour investir dans les énergies renouvelables. Il n’y a pas assez de producteurs locaux et peu de volonté de la part du gouvernement de développer la production renouvelable en Belgique… Ce qui ne nous empêche pas d’avancer. Prenez par exemple nos projets éoliens à Engis en province de Liège. L’objectif est multiple en construisant six nouvelles éoliennes : augmenter notre impact positif sur l’environnement, mais aussi permettre à tous d’investir dans la production d’énergie renouvelable, grâce à la création d’une coopérative.

À votre échelle, quelle est la meilleure solution mise en place par vous à ce jour pour épargner notre planète ?

Lampiris a remporté l’an dernier l’appel d’offres pour l’exploitation de la centrale hydroélectrique du barrage de la Plate Taille (lacs de l’Eau d’Heure, Cerfontaine). Sa capacité totale est de 140MW soit l’équivalent de 60 éoliennes. L’atout principal du barrage, comparé aux autres moyens de production, est sa capacité de stockage d’énergie (l’eau), qui peut être exploitée à tout moment. Ce stockage va nous permettre de pallier l’imprévisibilité de la production d’énergie éolienne et solaire. De plus, il ne faut que quelques minutes pour déclencher le processus de production. Grâce à l’exploitation de cette centrale hydroélectrique de pompage-turbinage, nous pourrons produire de l’énergie verte plus facilement et en plus grande quantité, même s’il n’y a ni soleil, ni vent. Par ailleurs, nous sommes fiers de nos produits et services pour économiser l’énergie au quotidien. C’est bien connu : la meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pas ! Lampiris est bien davantage qu’un fournisseur belge d’énergie verte. De l’entretien de la chaudière à la fourniture du bois de chauffage et de pellets en passant par le thermostat intelligent Nest ou l’isolation de votre maison, nous sommes aux côtés des citoyens écoresponsables et cherchons sans cesse à répondre à leurs besoins.

VEOLIA

Quelles sont vos attentes précises autour de COP21 ?

Patrick Labat, CEO de Veolia Belgique : Des signes clairs sur une réglementation qui permettra, à moyen terme, de libérer l’investissement. Par exemple, nous appuyons la solution du pollueur/payeur. Il faut que polluer coûte enfin plus cher que nettoyer. Quand ce sera le cas, nous pourrons investir et développer l’emploi local. Cela peut se faire par un prix du carbone combiné à une réglementation qui ferait que les critères d’attribution des marchés publics prennent désormais en compte l’impact carbone dans la réponse des soumissionnaires. Enfin, Veolia espère une impulsion forte en faveur de l’économie circulaire. Qu’on sorte enfin du cercle « extraire-fabriquer-jeter » pour aller vers des circuits qui recyclent. Un simple exemple : une bouteille fabriquée à partir de plastique recyclé émet 70 % de CO2 en moins que si elle est fabriquée à base de plastique vierge. En privilégiant l’économie circulaire, on crée en outre un impact immédiat sur l’emploi local.

Quel est, dans votre domaine, le principal écueil en matière d’environnement ?

Le prix relativement bas de l’énergie carbonée (gaz, charbon, pétrole). Car un prix bas n’incite nullement à économiser l’énergie. Nicolas Hulot le dit : « 650 milliards de dollars sont dépensés, chaque année, en subventions et exonérations diverses pour les énergies fossiles ». Si cette énorme dépense était réallouée à l’économie circulaire ou aux énergies renouvelables, ça aurait deux effets : tout d’abord le fossile serait plus cher, et donc les gens y feraient plus attention ; et le renouvelable le serait moins, ce qui augmenterait son attractivité.

À votre échelle, quelle est la meilleure solution mise en place par vous à ce jour pour épargner notre planète ?

Je vais vous citer deux exemples. Le premier est belge et concerne notre contrat d’engagement de performance énergétique. Nous nous engageons à réduire la consommation énergétique de nos clients. Si nous n’atteignons pas la performance garantie, nous lui remboursons ce que nous ne sommes pas parvenus à économiser. Au-delà de l’économie garantie, nous partageons les économies supplémentaires avec notre client. C’est du win-win-win pour le client, pour la planète et – si nous sommes performants – pour nous. L’autre exemple concerne la centrale de Pécs (150.000 habitants), en Hongrie. C’est la seule ville en Europe qui se chauffe exclusivement… à la paille ! Pécs est la plus grande centrale de production de biomasse à combustion de paille qui utilise le procédé de la cogénération. En modernisant cette ancienne centrale au charbon, nous avons contribué à préserver ou à créer 500 emplois locaux.

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