La permaculture, au cœur du potager du futur

Inspirés par la nature, les potagers bio de demain seront plus productifs. Sur le balcon ou en pleine terre, la clé du succès est de recréer des écosystèmes.

Temps de lecture: 3 min

Nourrir les hommes tout en guérissant la terre ? C’est le dessein de la permaculture. Grâce à cette technique, les potagers produisent en abondance sur de tout petits espaces, de concert avec la nature. Selon son rythme. Sans jamais la forcer en sens contraire à coups de produits chimiques de synthèse. Et pour y parvenir, rien n’est laissé au hasard. Une permaculture optimale relève d’un savant design élaboré au préalable du moindre nouvel arbre planté. Collecter la foison de données nécessaires demande d’ouvrir l’œil et une patience de Sioux. Il s’agit en effet d’observer au fil des saisons le terrain et ses petits habitants, mais aussi l’évolution de la position du soleil et des zones d’ombre qui en découlent. De quoi distinguer la multitude de micro-climats qui se succèdent sur le lopin de terre durant un an. Les identifier permet de planter les bonnes variétés végétales au bon endroit, et de les associer avec les variétés adéquates permettant de faire fuir les ravageurs, d’attirer les abeilles, de structurer le sol ou encore d’apporter de l’ombre bienfaitrice.

De la ville à la campagne

Fabian Féraux est designer de projets de permaculture au sein de la coopérative Les Petits Mondes. La permaculture s’installe partout, du balcon en pleine ville que l’on agrémentera en pots au lopin de pleine terre de 10 ares voire bien plus. Sur son bureau, au plan de cadastre, se superposent des calques de données géobiologiques (soit l’étude du dénivelé, le repérage de sources, de rivières, de réseau tellurique) et pédologiques. Ces dernières révèlent l’analyse de la structure du sol, sa texture, sa capacité de rétention de ruissellement, les polluants en présence. «  Sur cette base, je détermine le découpage du lopin en petites parcelles, les espèces d’arbres d’ornement, de fruitiers ou de légumes à planter pour que le terrain soit à la fois bénéfique à l’environnement et qu’il réponde aux besoins spécifiques du demandeur : de la production maraîchère à la restructuration des sols. Il faut aussi que l’ensemble soit esthétique à tout moment. Cela demande de la réflexion sur la vitesse de croissance des arbres, leur volume et leur longévité.  » Et d’ajouter, «  l’homme, c’est la nature, et il peut devenir jardinier de la planète  ».

D’autres citoyens surfent sur la vague en proposant de la permaculture semi-urbaine. Grâce à un système de bacs placés en hauteur, richement nourris de matière organique prélevée localement, l’homme pressé n’a pas à ôter son smoking pour aller éclaircir ses carottes. C’est aussi une facilité pratique permettant d’éviter des maux de dos inutiles lors de l’avancée en âge.

Ce concept fraîchement sorti de l’œuf, c’est une histoire de famille. Stéphane De Swaef, le père, troque peu à peu sa casquette de concepteurs de films pour la salopette de jardinier. «  Dans le monde du digital et du stress permanent, la permaculture est un extraordinaire retour à l’essentiel. Pour recréer des écosystèmes et finalement pouvoir manger des légumes du jardin, on doit vivre avec la nature et selon son rythme. Se balader dans son potager, s’arrêter pour observer la nature, c’est le meilleur des antidépresseurs.  » Pour développer cette activité de « nimaculteurs » (pour cultivateurs non issus du monde agricole), il se forme au Bec-Hellouin, ferme normande qui a gagné ses galons en permaculture. Avec Sam, son fils, il tâte aussi de l’aquaponie (voir ci-contre).

 

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