Les actes islamophobes s’aggravent et vont jusqu’à l’appel au meurtre

L’islamophobie devient plus violente. On en a parlé avec Elodie Blogie.

Temps de lecture: 2 min

Depuis les attentats de Paris, la gravité des actes anti-musulmans s’est amplifiée. Appels au meurtre sur les réseaux sociaux, agressions en rue, quel impact ces actes vont-ils avoir sur les jeunes musulmans, et quelles solutions concrètes apporter ?

L’islamophobie est-elle en recrudescence ou devient-elle juste plus violente ?

Les chiffres sont souvent sous-évalués donc peut-être que l’islamophobie est en effet en recrudescence. Cependant, quand on regarde les chiffres qui ont été recensés par le Collectif contre l’islamophobie (CCIB), on compte plus ou moins 50 actes islamophobes entre le 14 novembre et le 15 décembre, un chiffre stable qui ne révèle pas de recrudescence comme ça a été le cas en France. Ce qui est interpellant, c’est surtout la gravité des faits de cette violence.

Comment cette violence se traduit-elle ?

Une majorité des actes islamophobes sont des actes de « cyberhaine », via des commentaires sur des sites d’information notamment. Ces actes existaient déjà au préalable, mais aujourd’hui on remarque qu’ils se transforment en appels au meurtre qui ne sont même pas discrets. Bref : quand hier des femmes voilées se faisaient insulter dans la rue, aujourd’hui elles se font agresser. Tout ça, sans oublier les dérives policières liées à cette période particulière.

Quel impact cela va avoir sur les jeunes musulmans ?

L’année 2015 est une année très noire. Ca a commencé avec Charlie Hebdo, puis il y a eu la crise des migrants et maintenant les attenats de Paris. La stigmatisation peut avoir d’importantes conséquences sur certains jeunes qui sont déjà régulièrement pointés du doigt. Sur des jeunes déjà frustrés, un peu révoltés et anti-systèmes. Ces actes islamophobes vont encore les renforcer dans cette idée anti-système. Et ce, d’autant plus face aux violences policières.

Comment peut-on envisager de lutter sérieusement contre cette islamophobie ?

La meilleure façon de lutter, c’est de porter plainte. Pourquoi ? Parce qu’on aboutit à un processus qui rend justice. Le Collectif réclame aussi des paroles plus fortes des politiques contre l’islamophobie. Qu’on appelle cela islamophobie ou racisme anti-musulman, les faits sont là. Mais si on désigne jamais ce problème, on a tendance, vis-à-vis des personnes stigmatisées, à les renforcer dans l’idée qu’ils ne sont pas écoutés et restent à la marge de la société.

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