Salah était préparé, mais quelque chose a dû déraper

Que révèle finalement le contenu du PV d’auditions d’Hamza Attou sur le niveau de préparation de Salah Abdeslam et sur le rôle de ses « complices » ? On en a parlé avec Ludivine Ponciau.

Temps de lecture: 3 min

Salah Abdeslam « pleurait comme un enfant de 12 ans » et suppliait ses conducteurs de ne pas le « balancer », voilà ce que révèle le PV d’auditions d’un des deux conducteurs, Hamza Attou. Que signifient finalement ces nouvelles informations et… fallait-il vraiment publier les contenus de cette audition, n’est-ce pas un risque pour l’enquête  ? Les réponses de Ludivine Ponciau.

Qui sont Hamza Attou et Mohamed Amri, que peut-on leur reprocher ?

Ce sont deux Molenbeekois, des amis d’enfance de la famille Abdeslam, mais plus de Brahim que de Salah. Ce sont eux qui sont allés récupérer Salah après les attaques de Paris. Lorsqu’ils ont ramené Salah, ils ont contacté Ali Oulkadi qui a ensuite conduit Salah à Schaerbeek où on a ensuite perdu sa trace. Ils ont été interpellés par la police.

Que révèle le contenu de cette audition sur le niveau de préparation de Salah Abdeslam ?

Elle montre deux choses. D’un côté, Salah a un certain niveau de préparation. Il sait qu’il ne doit pas utiliser son téléphone, qu’il ne doit pas téléphoner lui-même, qu’il doit changer d’apparence. D’un autre côté, il est complètement en panique, il transpire, pleure, crie, menace et même supplie. On se dit vraiment que quelque chose ne s’est pas passé comme prévu. Il dit qu’il va se venger de la mort de son frère Brahim mais il s’est lui-même fait exploser. On ne comprend donc pas très bien ce qu’il veut venger, de qui il veut se venger. D’autant que lui-même portait une ceinture d’explosif. On présume que quelque chose a dérapé. Par ailleurs, on sent qu’il n’avait pas de planque préparée.

On a appris que des sms ont été échangés avec une personne dans la région de Charleroi. Tout indique que ces attentats ont été coordonnés depuis la Belgique

On présume que le réseau est sans doute plus large que ces dix kamikazes, qu’il y a encore des complices, notamment à Charleroi. On sait aussi que lorsque Salah a loué la voiture, il s’est rendu dans plusieurs communes bruxelloises et la veille à Charleroi. Était-ce pour rendre visite à son complice ?

Était-ce finalement légitime de publier les contenus de cette audition, n’est-ce pas un risque pour l’enquête ?

Autour de l’instruction, il y a un grand secret qu’il faut absolument respecter. La question est donc tout à fait légitime. Dans le cas de ce PV, toutes les personnes qui sont impliquées et citées ont été interpellées ou placées sous mandat donc il n’y a plus de risque de fuite ou de destruction d’éléments de preuves. Tout ce qui est dedans est connu des enquêteurs. Il n’y a donc pas vraiment de risque pour l’enquête ni pour l’instruction.

Voir la vidéo sur mobile

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une