Premier recours contre la relance de Doel 3 et Tihange 2

L’ASBL « Nucleaire Stop Kernenergie » réclame la fermeture des réacteurs microfissurés. Une requête « comme en référé » a été déposée au tribunal de première instance bruxellois.

Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 2 min

Il fallait s’y attendre, c’est désormais officiel. Vingt-quatre heures après le redémarrage du réacteur nucléaire de Doel 3, un premier recours est tombé, réclamant sa mise à l’arrêt. C’est l’ASBL « Nucleaire Stop Kernenergie » qui a déposé cette requête ce mardi auprès du tribunal de première instance de Bruxelles. Une procédure dite « comme en référé ». Autrement dit, elle sera réglée très rapidement. Une loi belge de 1993 (rarement utilisée) offre en effet aux ASBL un « droit d’action en matière de protection de l’environnement », similaire aux procédures en référé.

L’Agence a dit oui

« Nucleaire Stop Kernenergie » attaque donc Electrabel, l’exploitant, et réclame la suspension provisoire de Doel 3 et Tihange 2, les deux réacteurs microfissurés.

Souvenez-vous, en novembre dernier, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFNC) donnait son feu vert au redémarrage de ces deux réacteurs présentant des microbulles d’hydrogène (vulgairement appelées microfissures). Ces microbulles n’auraient « pas d’impact inacceptable sur la sûreté des réacteurs », selon les conclusions de l’Agence. Après de longs mois d’expertise, l’AFCN a en effet conclu que la présence des microfissures n’évoluait pas avec le temps, et qu’elle n’augmentait donc pas le risque d’accident nucléaire.

Une décision que « Nucleaire Stop Kernenergie » conteste en justice, représenté par les avocats Pierre et Maxime Chomé. L’ASBL reproche notamment à l’Agence de s’être uniquement basée sur des données fournies par Electrabel pour faire son étude. L’association remet également en cause l’indépendance de l’AFCN, dirigée par un ancien directeur d’Electrabel, et financièrement dépendante de l’exploitant nucléaire.

Vers un réexamen ?

La requête de l’ASBL est double : elle demande la suspension temporaire de l’exploitation de Doel 3 et Tihange 2. Puis elle demande au tribunal de première instance de désigner un collège d’experts indépendants pour réexaminer le dossier des microfissures. Au tribunal de trancher…

En attendant, Electrabel va préparer la contre-attaque en analysant la requête en question. Mais l’exploitant rappelle d’ores et déjà qu’« un dossier complet sur Doel 3 et Tihange 2 a été remis à l’AFCN, ainsi qu’à une série d’experts indépendants. Tous ont confirmé que ces réacteurs pouvaient redémarrer en toute sûreté », dixit Anne-Sophie Hugé, porte-parole du groupe.

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