Une bande sévit sur le campus universitaire de Namur

Une véritable psychose s’installe parmi les étudiants de Namur. Depuis quelques mois, les agressions se succèdent. Selon plusieurs étudiants, les auteurs de ces agressions sont toujours les mêmes. « Ce sont des jeunes âgés entre 17 et 20 ans qui cherchent à donner des coups plus qu’autre chose. Ils ont déjà utilisé des bâtons ou des objets et menacé au couteau », explique Martin (nom d’emprunt) étudiant à l’Université de Namur.

Martin, âgé de 21 ans, a été lui-même victime d’une agression ce mardi soir. Il n’a pas souhaité dévoiler son identité, craignant des représailles de la part de cette bande qui sévit autour des facs. « Il y a déjà eu plusieurs agressions violentes après des soirées étudiantes en octobre et novembre, en général gratuites. On m’a signalé des mâchoires cassées, des points de sutures et autre. »

Sur le groupe Facebook « Student @ Namur », les étudiants ne parlent pratiquement plus que de ces attaques. En plus d’être préoccupés par leurs examens, ils vivent également dans la crainte de se faire agresser. Suite à ces nombreuses agressions, les étudiants se sont organisés. Ils évitent de retourner seuls de soirée. L’université a également renforcé les rondes. « Ça s’est calmé en fin de quadrimestre, mais ça a repris récemment. Visiblement, la bande a remarqué que des étudiants rentraient le soir après avoir étudié dans les locaux des facultés ou à l’Arsenal. »

Les étudiants n’en peuvent plus. Certains ont même pensé à faire justice eux-mêmes. « On en a marre de se faire frapper dessus et que rien ne se passe. J’ai entendu dire que certains étudiants ont attrapé quelqu’un de la bande et l’ont enfermé pour lui tirer les vers du nez. Mais il n’avait pas de papiers sur lui et ils n’ont pas pu retrouver les autres. Ils ont fini par le relâcher. » Rodolphe, a posté un commentaire sur le groupe Facebook allant dans ce sens. Plusieurs autres personnes sont du même avis. « On n’a qu’à se rassembler et aller casser leurs gueules à ce groupe. » Cette bande ne se contenterait pas d’agresser les garçons. «  Ils harcèlent aussi les filles. Une amie m’a expliqué qu’il y a quelques jours, son frère s’est fait agresser au couteau car il tentait de défendre des filles. Ses blessures à lui étaient assez sérieuses. J’ai entendu la même version de la part de la police et du médecin ».

Martin a été agressé alors qu’il retournait à son kot ce mardi soir à 20h. Il se dirigeait vers la passerelle située au boulevard Frère Orban lorsqu’une bande de jeunes lui est tombée dessus. « Je suis passé devant eux, et à peine j’avais parcouru quelques mètres que je les ai entendus courir après moi », explique Martin.

La bande était composée de 6 à 8 jeunes. « Ils m’ont agrippé et ont braqué un pistolet sur ma gorge. Ils m’ont dit : “tu donnes tout ou on va te trouer”. J’ai tout de suite senti qu’il s’agissait d’une arme en plastique. Mais après, ils ont commencé à me tabasser. J’ai reçu quelques coups et je suis tombé. Je suis parvenu à me relever et j’en ai reçu à nouveau. »

Le jeune homme a réussi à s’enfuir et est parti à l’Arsenal pour appeler la police. « Les rues étaient désertes. J’espérais qu’il y aurait des gens à l’Arsenal. La police est arrivée et j’ai déposé plainte au commissariat du Théâtre. ». Martin souffre d’hématomes à la tête et à l’œil. Heureusement, ses agresseurs n’ont pas pu lui voler ses affaires. « Quand je suis parti, ils ne m’ont même pas suivi. »

À la police de Namur, on confirme que des agressions ont récemment été recensées contre des étudiants. « Deux agressions, du côté de la passerelle et de l’Arsenal », précise même le commissaire Pascal Ligot, chef de corps de la police de Namur. « Et une enquête est en cours depuis ce mardi suite au dépôt d’une plainte. J’ai également demandé qu’on regarde si ces agressions n’avaient pas de lien éventuel avec des faits plus anciens. »

Le commissaire Pascal Ligot tient toutefois à souligner que ces agressions n’ont rien à voir avec la menace terroriste qui plane sur la Belgique. « Il s’agit plutôt d’agression gratuite vis-à-vis d’étudiants pendant leur blocus. Mais on est sur le coup, donc. » Des mesures ont déjà été prises. Les patrouilles doivent ainsi renforcer leur présence en fin de journée dans le quartier.