Non, le vin bio, ce n’est pas bon

Bon et bio ne sont pas synonymes.

Temps de lecture: 5 min

Volontairement provocante, cette réflexion a pour but de souligner que rien dans les labels, bios et autres, ne concerne la qualité gustative des vins !

À l’occasion des salons des vins bios « Millésime Bio » de Montpellier et des vins naturels « La Dive Bouteille » d’Anger, nous vous emmenons découvrir ou rafraîchir votre mémoire sur la thématique des différents labels dans le vin. Nous irons des vins conventionnels aux vins naturels, en passant par les vins bios et autres.

La bonne résolution

Ce 1er Janvier, aux prises avec un lendemain de veille compliqué, vous vous êtes peut-être fait la promesse, non pas celle trop ambitieuse de ne plus boire, mais de ne plus boire de mauvais vin ! On ne peut que vous féliciter. On a tous entendu parler de toutes les bonnes vertus d’une consommation modérée de vin et de champagne, ce serait dommage qu’elles soient annihilées par la mauvaise qualité du breuvage.

Pour vous aider dans votre quête de cette bonne bouteille, vous vous tournez vers les labels. Malheureusement, il semble qu’il y en ait autant que d’appellations de vin ! Et pour la plupart, ils continuent à renseigner des sulfites, cause toute indiquée, mais non démontrée (voire à ce sujet les excellents articles de Patrick Bottcher et d’Éric Boschman) de tous nos malheurs. Pour couronner le tout, au vu de la dégustation de ce soir, ce nouveau vin bio n’est pas franchement meilleur que celui du réveillon…

Et au commencement, il y a eu les labels

Comme vous avez pu le remarquer dans votre supermarché favori, il y en existe une kyrielle… Ah bon ? Il y a d’autres vins que les vins « normaux » et les vins bios ?? Oui ! La complexité du vin, la personnalité spéciale des vignerons font qu’il y a beaucoup de catégories de vins : Conventionnels (les vins normaux), l’Agriculture Raisonnée, Terra Vitis, Haute Valeur Environnementale, Vins Bios, Vin Biodynamique, Vins Naturels et Vins S.A.I.N.S..

Chacun de ces labels représente un cahier des charges, une philosophie à suivre dans la viticulture et l’élaboration des vins, plus ou moins contraignante, plus ou moins étendue. Nous vous les présenterons tous dans nos prochains articles.

Pourquoi le bio ce n’est pas bon ?

Revenons-en à notre première réflexion. Pourquoi est-ce que le bio ce n’est pas (toujours) bon ? Parce qu’il n’y a rien dans le cahier des charges du bio, comme de tous les autres labels, qui a trait à la qualité gustative du vin. Vous pouvez donc avoir toutes les qualités en vin bio, le meilleur comme le pire, comme pour tous les autres vins. La seule indication qu’il vous donne, c’est le respect d’un cahier des charges et la (non-)utilisation de substances chimiques et de synthèse. Tous ces labels ont leur raison d’être, mais aucun d’entre eux ne garantit la qualité du vin. Ils n’ont pour but que de vous rassurer sur les méthodes de culture et de vinification. Et ça, c’est particulièrement important ! Être rassuré que ce magnifique vin qu’on déguste, a été vinifié honnêtement, dans le respect de la nature et sans produits cache-misères potentiellement nocifs pour la santé.

C’est donc déjà le premier enseignement dans notre parcours : les différents labels ne sont pas des gages de qualité, mais des témoins d’une méthode de travail dans la vigne et pendant la vinification.

Alors pourquoi parler des labels ?

L’apparition des labels est due à un manque d’informations concernant les ingrédients permis dans l’élaboration des vins conventionnels où jusqu’à 47 produits chimiques sont acceptés (sans compter les résidus de pesticides). Aviez-vous déjà remarqué que le vin est le seul produit du compartiment non frais qui ne propose pas un étiquetage complet des ingrédients ? Merci au puissant lobby de l’alcool, bien conscient que les consommateurs perçoivent toujours le vin comme un simple jus de raisin fermenté.

Sur l’étiquette, on n’y retrouve que le degré d’alcool (avec une tolérance assez large de 0,5º) et la mention contient des sulfites. Cette dernière mention qui est vague. Combien de sulfites ? Des sulfites naturels (compris dans le fruit à la base) ou de synthèse ajoutés dans le processus ? Libres ou intégrés ? Et à quel moment ? Bref, on est encore loin d’avoir des informations compréhensibles pour le consommateur.

Donc poser la question des vins bios, ce n’est pas seulement poser la question pertinente de ce qu’est un vin bio, mais aussi de poser la question plus large des différents labels dans le vin. Pourquoi les labels sont intéressants, ce qu’ils signifient et leurs valeurs ajoutées. C’est à ces questions que nous voulons répondre dans nos prochains articles.

Petite réflexion sur le bio et les labels : mettez le producteur au centre de votre choix !

Restez critiques. Il est évident que certains vins bios produits à des millions de litres ne respectent pas une conception traditionnelle du bio tandis qu’un petit producteur qui joue avec son vaporisateur d’insecticide comme avec un karcher n’est très écologique… Les concepts se chevauchent. Le petit producteur n’est pas toujours bio et la grande production n’est pas toujours chimico-indutrielle. La clé d’entrée pour faire un bon choix reste donc la connaissance du producteur. C’est elle qui vous permettra de faire le choix qui respecte vos valeurs. C’est le producteur qui est la vraie raison de votre choix. C’est lui l’architecte, le grand responsable de la qualité du produit et la manière, honnête ou non, avec laquelle il va réaliser son vin. Les labels ne sont que des preuves externes qu’il respecte des règles administratives dans son travail.

Les labels sont une aide lorsque vous ne connaissez pas ce dernier, mais pas la raison pour laquelle vous achetez le vin. Si vous n’achetez qu’en fonction des labels, vous serez sujets à de nombreuses déceptions.

Car, finalement, n’est-ce pas pour son goût qu’on achète du vin ?

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