Ce que l’on sait sur les agressions sexuelles de Cologne

La nuit du Nouvel an, plus de 90 plaintes pour agressions sexuelles et un viol ont été enregistrés.

Temps de lecture: 3 min

Quelque 90 plaintes pour agressions sexuelles et un viol ont été enregistrées à la suite de la Saint-Sylvestre dans la ville de l’ouest de l’Allemagne. Les agressions se sont produites vers minuit autour de la gare de Cologne, mais également à Hambourg, où 27 plaintes ont été déposées. Voici ce que l’on sait :

Les agressions ont été coordonnées

«  Le tout semble avoir été coordonné », a déclaré le ministre allemand de la Justice Heiko Maas sur la chaîne télévisée ZDF. Selon lui, il est peu probable que ces événements se soient produits « par hasard ». La police a annoncé mercredi avoir trois suspects dans son viseur, sans donner plus d’informations.

L’identité des assaillants reste floue

Ces agressions sont attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres qui ont encerclé leurs victimes en profitant de la foule rassemblée autour de la cathédrale et de la gare centrale de Cologne. Mais la police a aussi signalé une dizaine de plaintes à Hambourg (nord).

Les investigations se poursuivent. Se basant sur les témoignages, la police estime que les suspects sont des hommes d’apparence nord-africaine, a indiqué mardi le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière. Mais peu de détails sont connus sur l’identité des assaillants et il n’est pas avéré qu’il s’agisse de demandeurs d’asile, soulignent différents médias allemands. Les événements créent néanmoins le malaise dans le pays, qui a accueilli un million de réfugiés en 2015. Plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur crainte de voir apparaître des amalgames, comme n’hésitent pas à le faire le mouvement anti-islam Pegida et le petit parti d’extrême droite AfD.

Cela dit, l’extrême droite n’a réussi à mobiliser qu’une petite dizaine de manifestants, hués par quelque 150 contre-manifestants, mercredi dans le centre de Cologne (ouest), théâtre lors du Nouvel An d’une centaine d’agressions de femmes qui ont choqué l’Allemagne.

Émotion et manifestations

L’affaire a suscité de nombreuses réactions en Allemagne. Angela Merkel a affronté des critiques redoublées contre sa politique d’ouverture aux réfugiés, associée par ses détracteurs aux agressions. De surcroît, la police s’est retrouvée mercredi accusée de toutes parts d’inaction face aux agressions survenues en plein centre-ville alors que les forces de l’ordre étaient déployées à proximité pour la Saint-Sylvestre.

La maire de Cologne a également été critiquée, suite à son conseil étonnant de « respecter une certaine distance de sécurité, plus longue que le bras avec les inconnus »

Mardi en début de soirée, entre 2 et 300 personnes (selon la police) se sont symboliquement rassemblées devant la cathédrale de Cologne pour appeler à plus de respect envers les femmes.

« Madame Merkel, que faites-vous ? Ça fait peur », s’interrogeait notamment sur une pancarte l’une des manifestantes.

Des agressions d’abord passées sous silence

Le 1er janvier, soit le lendemain des événements, la police de Cologne a publié un communiqué faisant état d’une nuit sans incidents notables. Elle a commencé à donner de premiers éléments dans la journée du lundi à mesure que s’accumulaient les plaintes des victimes, avant que l’affaire ne prenne toute son ampleur mardi.

Le peu d’écho avant mardi des médias sur cette affaire est également mis en question. Le site spécialisé sur les médias, Meedia, a ainsi relevé qu’il a fallu « quatre jours » pour que l’affaire soit « relatée de façon exhaustive au niveau national ». « Lorsque l’on regarde (la presse nationale), il n’y a rien jusqu’à lundi sur ces incidents », poursuit Meedia. « Il a fallu quatre jours pour que la grande machine médiatique ne s’enclenche », épingle encore le portail.

La chaîne publique allemande ZDF a présenté ses excuses pour avoir tardé, à l’instar de la plupart des grands médias nationaux, à évoquer les agressions sexuelles

L’affaire alimente du coup aussi les thèses complotistes et celles de mouvements hostiles aux réfugiés, à l’image de Pegida qui fustige régulièrement la « presse mensongère ».

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