Un an après les attentats à Charlie Hebdo: les trois zones d’ombre de l’enquête

C’était il y a un an, jour pour jour. Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly faisaient 17 victimes à Paris et marquaient la France à tout jamais. Si l’enquête sur les attentats coordonnés de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher a énormément progressé, des zones d’ombre demeurent. Éléments de réponses.

1.  

Le commanditaire des attentats toujours inconnu

Alors que les frères Kouachi, responsables du massacre à Charlie Hebdo, se sont réclamés d’Al-Qaïda au Yémen, Amedy Coulibaly a revendiqué la tuerie de l’Hyper Cacher au nom de l’Etat islamique. Compliqué, dès lors, d’attribuer clairement les attentats du 7 janvier à une organisation terroriste. Comme le fait remarquer L’Express, deux noms se distinguent alors : Peter Chérif et Salim Benghalem, deux djihadistes français. Le premier se trouverait au Yémen, le second en Syrie. Tous deux connaissent bien les trois terroristes et ont le profil pour avoir fait le lien entre eux.

Des messages d’instruction ont été retrouvés sur l’ordinateur de Coulibaly. Les enquêteurs ont trouvé cette piste à travers quelques échanges entre cet homme à l’identité inconnue et Amedy Coulibaly. Quelques SMS et e-mails non cryptés ont été débusqués par les limiers français.

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2.

Un complice potentiel et d’autres projets pour Coulibaly

Le témoignage du joggeur de Fontenay-aux-Roses blessé entre les deux attaques est venu remettre le feu aux poudres ce lundi. Il avance que l’homme qui lui a tiré dessus n’était pas Coulibaly, qu’il avait « la peau claire » et était « massif ». Le joggeur étant revenu à plusieurs reprises sur ses déclarations, les enquêteurs continuent à privilégier la piste Coulibaly, arguant que le domicile du terroriste était proche du lieu de l’agression.

Un autre événement interpelle les enquêteurs français : l’explosion d’une voiture à Villejuif, entre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. L’acte n’ayant fait aucune victime, les forces de l’ordre ont d’abord pensé à un épisode isolé. Mais dans sa vidéo posthume, Coulibaly a revendiqué une « attaque à la voiture piégée dans Paris ». L’enquête et les analyses ont toutefois permis de confirmer l’implication du terroriste.

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3.  

Le mystère de la mort de la policière

Tuée de deux balles dans le dos par Amedy Coulibaly alors qu’elle intervenait pour un accident de la circulation, la veille de l’attaque du supermarché, la mort de Clarissa Jean-Philippe reste un mystère. A-t-elle été tuée car elle était policière ? Coulibaly s’apprêtait-il à commettre un massacre dans une école juive, située non loin de l’Hyper Cacher  ? Les enquêteurs s’attarderaient plutôt sur la seconde hypothèse.