2016, l’année de la (r)évolution du vin?

En 2015, le vin a été à la mode : multiplication des bars à vins et cavistes, émergence de nombreux concepts originaux et innovants, apparition d’outils High-tech et d’applications. Fort de cette popularité, le monde du vin poursuit sa mue vers un monde connecté. Une fois n’est pas coutume, je me permets de partager avec vous ma vision sur le monde du vin.

Qu’attendre de 2016 ?

Des belles primeurs

La récolte a été de (très) haute qualité dans (presque) tous les vignobles, en quantité et en qualité. Cela nous promet de belles dégustations de primeurs au printemps. Gardez de la place dans votre cave !

Des vins plus naturels, plus spontanés

La grande lame de fond qui ébranle le marché depuis 10 ans continue. Les consommateurs avertis et les amateurs vont continuer à se diriger vers ces produits plus honnêtes (bios, biodynamiques, naturels et de petits producteurs que l’on connaît). À côté des vins au goût classique, se placent des vins au goût naturel, sans levures pour aiguiller le goût, sans intrants et techniques de vinification venues d’un autre univers. Des vins de copains, où on retrouve de la spontanéité, un jus de raisins sans artifices avec toujours moins de sulfites, de bois et toujours plus de fruit (merci à l’influence des femmes vigneronnes et œnologues).

Des formats adaptés

La consommation change, entraînant la multiplication des contenants. Pour répondre à la diminution de la consommation par occasion, les petites bouteilles, les flacons de 10 Cl et les bag-in-box (« bib » de 3 ou 5l, avec longue conservation une fois ouvert) vont augmenter leur part de marché au détriment des bouteilles classiques dont le salut viendra de l’utilisation d’ustensiles comme le Coravin ou le bouchon à vide d’air. Attention toutefois que le prix de ces gadgets ne soit pas trop élevé.

Une consommation plus connectée

Que ce soit au travers d’applications (Vivino, Hachette), de sites d’avis de consommateurs (Vinogusto, la passion du vin), de gadgets (type D-vine), d’e-shopping (cavistes et vignerons) ou d’abonnement vin (le vin du mois, my wine box ), nous utiliserons de plus en plus les technologies et des concepts pour guider notre consommation. Il sera de plus en plus difficile de découvrir un vigneron inconnu. Désormais, tout se sait à grande vitesse.

L’internationalisation du vin

De nouvelles régions arrivent sur le marché avec de très beaux produits : l’Europe de l’Est, le Liban, l’Arménie, la Turquie. La diversification continue ! Même chose pour les régions françaises, sale temps pour les appellations historiques. Embourbées dans une contrainte AOCésiene, elles perdent du terrain sur les vins d’appellation « Vin de France » et d’autres appellations plus dynamiques qui se remettent en cause et bougent (Languedoc, sud-Ouest).

Au-delà de ces 5 tendances, on peut aussi citer l’évolution du rosé, dont les volumes supplanteront ceux du vin blanc à moyen terme, et la scission du marché entre les amateurs (marché en croissance) et le marché du volume (en décroissance).

J’aime l’évolution que nous voyons dans le monde du vin, avec une part plus importante donnée aux producteurs et à la nature. J’aime voir l’émergence de cavistes qui cherchent des vraies pépites directement chez les producteurs et qui se regroupent (mouvement des cavistes alternatifs) pour être plus lisibles pour le consommateur. Le produit que nous consommons se rapproche tous les jours un peu plus de celui qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.