Un deuxième Belge identifié parmi les commandos des attentats de Paris

Le kamikaze qui s’était fait exploser dans l’appartement de Saint-Denis a été identifié comme étant Chakib Akrouh, né le 27 août 1990 en Belgique. Il avait également la nationalité marocaine. Il a été identifié grâce à l’ADN de sa mère. «  Cette identification résulte de la comparaison génétique entre le profil génétique extrait sur le kamikaze et celui de la mère de Chakib Akrouh », indique le parquet de Paris.

Chakib Akrouh était fiché par l’Ocam comme personne radicalisée mais ne faisait pas partie des returnee (rentré de Syrie). C’était un jeune homme « effacé » et « introverti », selon une source bien informée. Il a été condamné par défaut à 5 ans de prison le 29 juillet dernier dans le cadre du procès de la filière syrienne (réseau d’envoi de combattants en Syrie). Il est, avec Abdelhamid Abaaoud, l'organisateur présumé des attentats de Paris, le deuxième Belge identifié parmi les commandos des attentats de Paris.

Parti en Syrie début 2015

Selon une source proche du dossier, le nom de Chakib Akrouh avait été communiqué fin 2015 par les autorités judiciaires belges, sur la foi d’une photographie. Celui-ci était parti de Bruxelles début janvier 2015 en Syrie, en compagnie de six ou sept autres personnes. Son nom circulait depuis plusieurs jours. Mais à l’inverse d’autres membres du commando, à commencer par Abaaoud, il était inconnu des services de police belge, notamment pour des faits de délinquance.

La video sur mobile

Son ADN a également été retrouvé sur une des trois kalachnikovs laissées dans la Seat abandonnée à Montreuil, au nord-est de Paris, après avoir été utilisée par le commando des terrasses, qui a assassiné 39 personnes dans des bars et restaurants de l’est parisien. Les enquêteurs pensent donc qu’Akrouh est, avec Abaaoud et un autre Bruxellois, Brahim Abdeslam, le troisième membre de ce groupe. Il est aussi sans doute celui qui a été filmé avec Abaaoud dans le métro parisien juste après les attaques, avant de se dissimuler dans un « buisson » en bord d’autoroute à Aubervilliers puis de mourir dans la planque de Saint-Denis.

Huit assaillants de Paris identifiés

Brahim Abdeslam, de nationalité française, est lui, mort en kamikaze au Comptoir Voltaire tandis que son cadet, Salah Abdeslam, dont les enquêteurs pensent qu’il a convoyé en voiture les kamikazes du Stade de France, est en fuite.

Les assaillants du Bataclan, qui ont tué 90 personnes, sont également français, Samy Amimour, Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad, tous trois morts dans la salle de spectacles parisienne. Bilal Hadfi, Français résidant à Bruxelles, s’est fait exploser près du Stade de France. Les autres assaillants du Stade de France sont deux hommes qui se sont mêlés à l’automne au flot des migrants, utilisant des passeports syriens avec de fausses identités : Ahmad Al-Mohammad et deMohammad Al-Mahmod.

Deux hommes, dont l’identité n’a pas été précisée, sont détenus en Autriche. Ils ont un lien avec Ahmed Dahmani, un Belgo-Marocain détenu en Turquie où il était arrivé le lendemain des attentats. Soupçonné d’avoir joué un rôle logistique, Mohamed Abrini, qui évoluait également dans la mouvance islamo-délinquante de la commune bruxelloise de Molenbeek, est en fuite.

De nombreuses questions demeurent

Les enquêteurs cherchent à déterminer qui est, ou sont, le ou les hommes qui étaient, depuis Bruxelles, en contact avec les commandos au soir des attentats, semblant jouer un rôle de coordination. De même, qui est cette personne en possession d’un téléphone portable entré en France vers 19H00 le 13 novembre, avant de traverser la Somme, d’arriver en région parisienne vers 21H00, de « borner » près des différents lieux des attentats, puis dans le XVIIIe arrondissement de Paris et en Seine-Saint-Denis ?

Qui se cache derrière les pseudonymes Samir Bouzid et Soufiane Kayal ? Des papiers belges à ces noms avaient été présentés lors d’un contrôle routier en Autriche en septembre par deux hommes qui voyageaient avec Salah Abdeslam. Et c’est un homme se présentant comme Bouzid qui avait envoyé un mandat à la cousine d’Abaaoud pour payer la planque de Saint-Denis.