Mons s’engage contre la cyber-haine

Un problème de société. Le cyber-harcèlement est un phénomène aussi étendu que complexe. Chaque jeune est susceptible d’y être confronté un jour avec parfois, des conséquences graves pouvant mener jusqu’au suicide. Et pourtant, les adolescents mais aussi leur famille et les enseignants se trouvent souvent désorientés face au manque de connaissance du problème et surtout des outils pour y faire face. Mais l’espoir est permis. À Mons, plusieurs acteurs du monde politique, associatif, économique et de l’enseignement ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps en lançant une ambitieuse expérience baptisée « Cyberhelp » qui a pour objectif de développer des solutions concrètes dans la lutte contre le cyber-harcèlement. «  C’est un projet unique par son ampleur et par le nombre de partenaires engagés qui va faire de Mons la ville pilote en la matière, explique le député Nicolas Martin, également échevin de la ville. Toutes les écoles secondaires sans exception sont impliquées et plus particulièrement les 1.600 élèves de 2e secondaire. Lancé début janvier, ce projet comporte trois démarches successives : des animations de prévention dans les classes, une évaluation du phénomène via un questionnaire systématique et la recherche de solutions avec in fine, une proposition faite auprès de la Ministre de la Jeunesse, Martine Simonis. »

Les animations de prévention sont organisées depuis janvier dans les 11 écoles montoises par des associations qui ont développé leurs propres outils en la matière (lire ci-contre). « À la suite de ces animations, deux évaluations seront systématiquement proposées : une évaluation de l’outil utilisé par les associations et une évaluation plus globale des attentes des jeunes en matière d’usages problématiques des réseaux sociaux, explique Nicolas Martin. Au travers de ces questions, les habitudes en ligne des élèves seront analysées. Ils pourront aussi soumettre leurs propositions innovantes autour de la prévention au cyber-harcèlement. »

Un partenariat a également été conclu avec l’Université de Mons pour recueillir les données et les analyser dans le cadre d’une démarche scientifique. « Deux étudiantes réaliseront d’ailleurs leur mémoire sur le sujet », explique le député.

Place ensuite à la mise en place de solutions concrètes issues des analyses des questionnaires mais aussi d’éventuelles propositions formulées par les étudiants. Des prototypes d’applications, de jeux ou d’instruments pourront être confectionnés en partenariat avec les nombreuses sociétés de TIC (Technologie de l’information et de la communication) présentent dans le parc scientifique de Mons. « Celles-ci se rencontreront durant l’été lors d’un Hackathon, un marathon de 48 h au cours duquel les développeurs se réunissent pour travailler ensemble sur des prototypes. Ils testeront des solutions concrètes pour lutter contre le phénomène du cyber-harcèlement. »

Pour les parents et les professionnels, un site Web sera créé par les équipes de Technocité et de la société MeaWeb, reconnu internationalement dans ce secteur. « L’objectif de l’expérience est de pouvoir définir à moyen terme un cadre d’action pertinent reproductible et subsidié à l’échelle d’autres villes en Wallonie et à Bruxelles, explique Nicolas Martin. L’idée est de donner une dimension législative en déposant, d’ici la fin de l’année, une proposition de décret. »

Avant cela, en septembre, les premiers résultats des analyses effectuées par les chercheurs de l’UMons devraient permettre d’offrir une des premières études de grande ampleur sur le cyber-harcèlement jamais menée en Belgique.