Van Cau! Il ne manquait plus que cela…

Jean-Claude Van Cauwenberghe est de retour en politique. Il brigue la présidence de l’Union socialiste communale de Charleroi. L’édito de Béatrice Delvaux.

Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Il ne manquait plus que cela ! C’est ce qu’on doit se dire dans les rangs du PS. Alors que le parti tente de gérer un présent difficile en mettant le futur en chantier – et en vitrine –, le voilà replongé contre son gré dans le passé. Et pas qu’une fois : à la candidature de Jean-Claude Van Cauwenberghe à la présidence de l’Union socialiste communale de Charleroi (ah, l’USC !), qui va mettre sur le tapis sa vision du socialisme à Charleroi et du régionalisme wallon, va s’ajouter incessamment la parution du livre « mise au point » – règlement de comptes ? – de Philippe Moureaux qui fera un réquisitoire cinglant de sa vision socialiste de Molenbeek et de l’islam à la belge.

Avec des amis comme ça, plus besoin d’ennemis ? L’adage a déjà été usé jusqu’à la corde, mais on peut malgré tout s’interroger sur le caractère « Magnetto-compatible » de la résurrection de Van Cau, « Onkelinxo-compatible » de celle de Moureaux, et plus globalement du caractère « Di Rupo-compatibles » de l’expression individuelle de fortes opinions. D’autant qu’elles émanent de deux personnalités qui souhaitent probablement davantage rétablir leur honneur et leurs convictions bafouées que d’assurer la pérennité du parti et de ceux qui sont aux commandes aujourd’hui et dont ils pourraient estimer qu’ils ne les auraient pas (vraiment) défendus.

Le droit à la liberté d’expression existe en politique, même si celle-ci peut heurter alliés et partenaires. La logique revendiquée ce week-end par le N-VA Geert Bourgeois pour justifier la prise de parole communautaire de Bart De Wever et ses éventuels embarras pour le MR vaut donc aussi au sein du PS, pour Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui a le droit à la parole, et Philippe Moureaux, à l’écriture. Mais l’expérience montre que ses solos font grimacer les chefs de file, d’autant plus s’ils sont incontrôlables, comme c’est le cas ici vu d’une part, l’âge, la personnalité et le parcours des solistes et d’autre part, la position plus hésitante du chef de file censé imposer qu’aucune tête ne dépasse.

Le PS a d’autres chats à fouetter que de gérer le retour d’un Van Cau, dont l’image reste associée, au sein du parti, au socialisme qui a vécu. De quoi gêner Paul Magnette qui laboure le terreau carolo avec assiduité et modernité, visant à faire renouer une région toujours « difficile », avec la relance économique et culturelle. Et compte sur son travail à Charleroi, davantage que sur ses prestations wallonnes, pour asseoir sa popularité électorale qui, on le sait, peut le propulser vers de plus hauts desseins.

Alors qu’il cherche à redéfinir sa ligne de combat idéologique, qu’il redessine le contenu de sa gauche et tente chaque jour de recalibrer sa contre-offensive, le PS, qui se bat déjà à Liège contre la vitalité du PTB, se serait bien passé de la morsure d’un vieux crocodile dans son flanc carolo.

 

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