«Mobilité bruxelloise, il y a urgence»: lettre à MM. et Mme les ministres

C’est avec un grand soulagement que nous avons appris le maintien de l’usine automobile Audi, en Belgique, suite aux efforts réalisés par le fédéral et les Régions. Si nous vous écrivons, ce lundi matin, c’est pour vous implorer de rééditer cet exercice au service de la mobilité belge.

Il y a urgence – et c’est sans doute ce qui est le plus inacceptable dans ce dossier. Ce qu’on aurait dû et pu gérer avec prévoyance, tourne à la course contre la montre à Bruxelles, où la chute à répétition de blocs de béton dans les tunnels met en danger la sécurité des automobilistes.

La (nouvelle) fermeture du tunnel Léopold II, ce dimanche après-midi, après celle pour un an du tunnel Stéphanie décidée sans sommation vendredi, laisse sans voix. Mais comment n’a-t-on a rien vu venir ! Mais quelle image donne de lui ce pays où tout semble se fissurer, des centrales nucléaires frontalières aux tunnels de la capitale de l’Europe ? On ne pourra pas faire l’impasse sur les (ir)responsabilités mais, dans l’instant, l’urgence est aux solutions. Et pas seulement, nous vous en conjurons, pour parer au plus pressé.

Ce week-end, la mobilité belge a sombré dans le ridicule – avant de nous plonger dans le chaos ? Quel est le danger encouru par les automobilistes qui vont se risquer, dès ce lundi, dans les tunnels ? Ne doit-on pas fermer tout le réseau pour un an ? Pour toujours ? La réponse intéresse les Bruxellois, les Flamands et les Wallons qui rallient la capitale. Mais les tunnels ne sont pas tout. La cerise sur le gâteau de la mobilité est venue ce week-end du RER, dont les lignes wallonnes reliant la capitale ne verraient pas le jour, faute d’argent dans la caisse ad hoc.

Fédéral – Régions : la guerre est ouverte

A écouter les réactions politiques ce week-end, nous ne pouvons cacher notre inquiétude. La guerre est plus que jamais ouverte entre le fédéral et les Régions (en particulier avec Bruxelles). On s’insulte, ouvertement ou pas, en espérant des deux côtés utiliser cette occasion pour neutraliser définitivement l’adversaire.

Fermeture du tunnel Stéphanie : les politiques « inquiets » et « étonnés »

Please ! N’y a-t-il pas moyen de faire d’un mal un bien, en gérant « ensemble » les enjeux. Non !, on ne peut pas accepter que M. Vervoort se résigne à ce qu’il soit trop tôt (!) pour mettre en chantier la solution optimale pour les tunnels. Non !, on ne peut accepter que la SNCB n’ait pas les moyens de boucler les lignes wallonnes du RER, l’alternative par excellence à la congestion automobile. Non !, on ne peut pas accepter d’attendre – jeudi (!) – la réunion du gouvernement bruxellois pour avoir des précisions sur le plan « tunnels ». Et non !, on ne peut se résoudre à ce que le fédéral s’en lave les mains.

Et pourquoi pas une grande réunion initiée cette semaine par le Premier ministre, avec les Régions, où RER, avenir de la SNCB, tunnels/viaduc bruxellois et tous les enjeux de mobilité sont mis sur table, dans le but d’élaborer une vision commune budgétaire, technique et sociétale de ce plan global mobilité avec, en parallèle, dès ce lundi, une communication d’urgence bruxelloise pour les tunnels ?

Il y va – hélas ! – dans l’immédiat de la sécurité des automobilistes mais, à plus long terme, de la mobilité des travailleurs, de la compétitivité de l’économie et de la durabilité de notre environnement. Trois raisons impératives pour les politiques d’arrêter de se quereller et pour de nouveaux « Audi » de miser sur la Belgique.

En vous remerciant de votre écoute attentive,

Veuillez accepter nos salutations les plus sincères,