Le tram liégeois: le passage en force ne fait pas l’unanimité

Willy Demeyer et Michel Firket assisteront ce mercredi à la séance du parlement wallon depuis les travées réservées au public. Le gouvernement, en particulier les ministres Lacroix (PS, budget) et Di Antonio (CDH, mobilité), devraient être assaillis de questions parlementaires relatives à la stratégie de la majorité régionale PS-CDH pour faire aboutir le chantier du tram, en dépit du troisième avis négatif rendu par Eurostat.

Le temps presse : le contrat passé avec le consortium privé Mobiliège, qui comprend notamment les sociétés Bam-Galère et Alstom, arrive à échéance le 31 mars prochain. « On peut espérer quelques semaines de rabiot, mais il faut rapidement décider de leur confier le marché en dépit du feu rouge d’Eurostat. Le tram est vital pour Liège et sa région. Le dossier est prêt, le permis est libre de tout recours, on a déjà fait 50 millions de travaux pour les impétrants notamment : allons-y », plaide Michel Firket devant les conseillers liégeois réunis lundi soir. Le bourgmestre est plus réservé sur la décision « à prendre dans le respect des procédures d’Eurostat et de la Région ».

« J’ai comme l’impression que la seule solution, c’est d’aller mettre un cierge à sainte Rita, la patronne des causes désespérées », plaisante Christine Defraigne, cheffe du groupe MR et parlementaire wallonne.

Le PPP, malgré tout

Plus sérieusement, elle voit trois solutions : un passage en force « qui se heurtera à un effet boomerang au niveau du respect du pacte européen de stabilité », un financement 100 % public « à condition de pouvoir actionner des bras financiers régionaux ou de renoncer à certains dossiers » ou, dernière solution, réaliser une concession de la ligne au privé « sans tabou idéologique ».

Le PTB défend un retour à un financement public avec modification et amélioration du tracé. Il a déposé une motion sur le premier point, mais n’a pas été suivi, excepté par Vega, qui estime que le PPP (partenariat public-privé) doit être abandonné au motif qu’il revient à gaspiller 300 millions d’euros en octroyant 9 % d’intérêts au partenaire privé.

« Nous ne sommes pas favorables à une modification du tracé et du permis car cela expose de nouveau les Liégeois au syndrome de la place Saint-Lambert. Il faut au contraire avancer même si, pour le MR, le tracé n’est pas idéal », poursuit Christine Defraigne. Ecolo partage cet avis. « Il faut garder cette ligne-là. Oui, elle coûte plus cher, comparé à un financement 100 % public, mais le PPP nous donne des garanties quant au prix final et aux délais de chantier », déclare Bénédicte Heindrichs, cheffe de groupe Écolo qui, dans le même temps, plaide pour une mobilisation des recettes de la taxe kilométrique dans le cadre d’un financement public.

On retrouve la même hésitation dans le chef du ministre wallon et chef de groupe PS, Jean-Claude Marcourt. « Le PPP n’est pas la meilleure formule, mais il faut le soutenir, avec ses défauts et qualités, et examiner les alternatives. Je n’ai pas de réticences concernant un financement public et j’appelle à ce que le tram soit davantage intégré au projet de réseau express liégeois de la SNCB. »

Ce mercredi, tous les Liégeois présents au Parlement wallon soutiendront le tram. De là à faire l’unanimité sur la solution à dégager pour débloquer le dossier, c’est une autre histoire.

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