Les 3 lauréats du «roi» des prix start-up en Belgique

Au moins trois entrepreneurs bruxellois affichaient un très large sourire hier soir à The Hotel (ex-Hilton). Et pour cause : ils vont pouvoir accélérer le développement de leur jeune entreprise au moyen d’une aide à l’innovation de 500.000 euros.

Les lauréats ne sont pas des inconnus de l’écosystème des start-up à Bruxelles. Plus vraiment des débutants, ils ont déjà pour la plupart de belles références. Ce sont à ce titre des « scale-up » (start-up ayant déjà acquis une certaine maturité et reconnaissance internationale), cette denrée trop rare à Bruxelles (et en Wallonie).

Nous vous avons déjà parlé dans cette rubrique de Woorank, leader en outils d’analyse de sites web. Épinglons au passage que son cofondateur Jean Derely, sans doute satisfait du travail accompli, a récemment revendu toutes ses parts pour s’installer à Madrid. C’est un autre cofondateur, le plus discret Boris Demaria, qui est désormais aux commandes de cette entreprise en plein boom, qui emploie une vingtaine de personnes, juste à côté de l’incubateur ICAB, à Etterbeek. Le subside Innoviris tombe donc à point nommé pour écrire un nouveau chapitre de l’entreprise.

Productize s’est également déjà fait remarquer pour son rôle de pionnier, voire même d’« évangélisateur », dans le secteur promis à un bel avenir des objects connectés (Internet of Things ou IoT). La start-up dirigée par Harold Grondel a ouvert à Co.Station une sorte de labo « garage à louer » pour toute entreprise qui souhaite développer des prototypes d’objets connectés.

Amia Systems, spin-off de l’ULB, est spécialisée dans les logiciels industriels d’optimisation de l’agencement des usines et sites de production. Un acteur de niche donc qui compte bien utiliser le subside pour se diversifier vers la gestion des flux dans les entrepôts. On sait que la logistique est un secteur-clé en Belgique.

Sa CEO Emmanuelle Vin connaît bien Innoviris puisqu’elle y a déjà participé à un programme de recherche pendant 3 ans, avant de créer Amia Systems. Elle s’est associée avec un partenaire disposant d’une expérience de 15 ans en entreprise. Démonstration que l’entrepreneuriat technologique (a fortiori dans l’industrie) n’est pas l’apanage des hommes, la Bruxelloise compte notamment utiliser le subside pour renforcer son équipe R&D – « nous avons besoin d’un ingénieur ou docteur doté de l’esprit d’entreprise ». Amia avait déjà budgétisé un projet de développement R&D, mais les 500.000 euros apparaissent comme une énorme cerise sur le gâteau.« Ce subside Rise va nous permettre d’aller plus vite, en plus d’être une reconnaissance et un encouragement à poursuivre l’innovation. Comme nombre de start-up à la recherche de liquidités, nous aurions pu être tentés de nous concentrer uniquement sur les missions de conseils. »

Amia Systems, qui a seulement véritablement entamé sa commercialisation en 2015, a réalisé un modeste chiffre d’affaires de 85.000 euros. Elle vise les 500.000 en 2016, avec déjà 200.000 euros de bons de commande. Employant actuellement 6 personnes, la start-up a été financée par le fonds Theodorus (ULB) à hauteur de 530.000 euros.

En 5 ans d’existence, le prix RISE d’Innoviris a injecté 4,8 millions d’euros au total dans 12 jeunes entreprises lauréates (sur quelque 50 dossiers reçus). Parmi celles-ci figurent BePark (location de places de parking, qui s’attaque actuellement au marché français suite à l’entrée au capital – moins de 10 % – du groupe Bouygues), l’agence web Tapptic ou la start-up scientifique Domobios, connue pour son produit antiacarien Acar’up.