Harcèlement dans le métro à Madou: cinq conseils aux femmes pour se défendre

Tous les jours, les femmes sont victimes de harcèlement en rue, d’agressions ou tentatives d’agressions dans l’espace public. En atteste un nouveau témoignage, celui d’Eliisa Vergote, qui rapporte sur Facebook avoir été harcelée dans le métro bruxellois, à la station Madou. La jeune femme entend dénoncer le harcèlement quotidien dont sont victimes toutes les femmes : « Quand je suis en public, je ne veux plus me faire harceler, je ne veux plus que les hommes me mettent mal à l’aise, me lancent des commentaires, me fassent des soi-disant ‘compliments’, me murmurent des choses ou me touchent. »

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L’ASBL Garance, qui lutte contre les violences faites aux femmes, propose de nombreux cours d’autodéfense et même de « défense verbale contre le harcèlement de rue ». Irène Zeilinger, la présidente, nous livre cinq conseils pratiques en cas d’agression.

1. Désigner précisément une personne pour vous aider

Appeler simplement « à l’aide », même dans une rue fréquentée, peut s’avérer vain, en témoigne l’expérience de la jeune femme qui dénonce l’immobilisme des autres passagers de la rame. C’est ce qu’on appelle en psychologie « l’effet du témoin » : chaque individu reporte la responsabilité sur quelqu’un d’autre et personne ne se décide à agir. Si cela vous arrive, il est donc conseillé de désigner précisément une personne « Vous, Monsieur, avec l’écharpe bleue, aidez-moi ! » De la même manière, les passants hésitent parfois à porter secours… parce qu’ils ne savent pas quoi faire. Précisez donc éventuellement aussi l’aide que vous attendez.

2. Faire un scandale

Dans les cours de « défense verbale », l’ASBL propose une série de stratégies possibles. Ainsi, faire un scandale dans un lieu public permet d’attirer toute l’attention et les regards sur soi. L’agresseur a de grandes chances de s’éclipser.

3. Opter pour la confrontation

Autre stratégie, plus directe. « Il s’agit de poser clairement les limites de façon verbale ou non verbale, explique Irène Zeilinger. Avec un regard franc, déterminé, les yeux dans les yeux ou une phrase prononcée de façon affirmée : « Vous n’avez pas le droit de poser votre main sur moi, arrêtez cela immédiatement ! » Cela montre qu’on n’a pas peur. »

4. Faire ou dire quelque chose qui n’a… aucun sens !

C’est ce qu’Irène Zeilinger appelle « l’intervention paradoxale ». Il s’agit donc de dire ou de faire quelque chose qui n’a strictement aucun sens dans la situation : se mettre à chanter la Brabançonne à tue-tête, demander à son agresseur ce qu’il a mangé la veille, etc. Résultat : l’agresseur est décontenancé et ne sait plus comment réagir. Mais il s’agit évidemment d’avoir de l’imagination…

5. Se faire confiance

Certaines stratégies demandent évidemment un peu d’élaboration et de présence d’esprit. Pas forcément facile en situation de danger. Pour Irène Zeilinger, l’important est de faire confiance à son instinct, de prendre les choses au sérieux si notre instinct nous dit qu’il y a un problème… Bref, de se faire confiance !

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