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Crise des migrants: un fléau pour les droits de l’homme

Pendant 15 semaines, Le Soir va balayer une série de thèmes d’actualité pour comprendre les enjeux de la planète et imaginer comment nous pourrions agir pour améliorer certaines situations.

Par Caroline Bordecq

Temps de lecture: 5 min

L a crainte d’attentats et l’afflux massif de réfugiés incitent de nombreux gouvernements occidentaux à opérer un retour en arrière dans la protection des droits humains ». Voici le bilan très sombre que dresse l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans son dernier rapport sur le respect des droits de l’homme dans le monde.

La masse importante de réfugiés qui arrivent en Europe, générée en grande partie par le conflit en Syrie, et les récentes attaques perpétrées par le groupe Etat islamique à l’encontre des sociétés civiles, engendrent des discours de peur et islamophobes de plus en plus violents, explique Human Rights Watch.

Les droits de l’homme, qu’est-ce que c’est ?

« Les droits de l’homme sont les droits inaliénables de tous les êtres humains, quels que soient leur nationalité, lieu de résidence, sexe, origine ethnique ou nationale, couleur, religion, langue ou toute autre condition », selon la définition du Haut-commissariat des Nations Unies.

Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient l’Assemblée générale des Nations Unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot.

Ce texte international a été établi alors que le monde était encore sous le choc des crimes de guerre et autres barbaries de la Seconde Guerre Mondiale. Cette Déclaration avait pour objectif d’« affirmer des valeurs au nom desquelles ils avaient lutté contre le nazisme et le fascisme ».

Si la Déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas la portée juridique d’un traité international (elle n’a aucune dimension contraignante et ne peut être invoquée devant un juge), elle a inspiré de nombreux traités internationaux, légalement contraignants comme par exemple : la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les pactes de 1966 et la Convention relative aux droits de l’enfant.

Quitter la guerre pour retrouver ses droits

► Les civils, premières victimes des conflits armés

En 2015, près d’une personne sur deux tuées en Syrie était un civil (20.977 sur 55.219 selon les chiffres de l’Observatoire syrien des droits de l’homme). Au total ce sont plus de 250.000 personnes qui ont perdu la vie depuis le début du conflit en mars 2011.

Pourtant, « le droit international humanitaire, qui s’applique aux situations de conflit armé, est parfaitement clair. Les attaques ne doivent jamais viser les civils. Le principe de la distinction entre civils et combattants est une garantie fondamentale pour celles et ceux qui sont pris dans la tourmente des guerres », rappelle Amnesty international dans son rapport sur la situation des droits humains dans le monde.

Malgré cela, les droits humains continuent à être impunément bafoués en temps de guerre.

Violations perpétrées par les forces gouvernementales, exactions perpétrées par des groupes armés, disparitions forcées, morts en détention, procès inéquitables… Voici le bilan du conflit syrien dressé par Amnesty pour l’année 2014/2015.

► La fuite des civils vers les pays en paix

Pour fuir la guerre, les tortures, la barbarie, les civils quittent leur terre pour retrouver la paix dans des pays d’accueil. Entre janvier et septembre 2015, 812 000 primo-demandeurs d’asile ont été enregistrés en Europe, selon les chiffres d’Eurostat.

Les premiers pays d’origine des demandeurs d’asile en Europe sont la Syrie et l’Afghanistan. Deux pays profondément touchés par des guerres sanglantes depuis des années.

Les pays d’origine des demandeurs d’asile en Europe en une infographie.

INFOGRAPHIE

Quand les terres d’accueil ne sont plus les terres des droits de l’homme

L’arrivée en masse des migrants dans les pays européens a très vite suscité la peur, voire le rejet, de la part des populations locales.

Selon les résultats de notre dernier « Grand Baromètre », 66 % des sondés pensent que la Belgique accueille trop de migrants. Ils étaient 55 % il y a trois mois.

► La montée de la xénophobie

La recrudescence des attaques terroristes revendiquées par Daesh et la peur face à l’arrivée massive des migrants en Europe ont eu, entre autres, pour conséquence la montée des discours et des actes xénophobes.

En Allemagne, les agressions contre les migrants se sont intensifiées. Selon les chiffres du gouvernement allemand, de juin à septembre on comptait en moyenne 3 actes xénophobes par jour contre des demandeurs d’asile.

« Le fait qu’il n’y ait pas eu de morts jusqu’ici relève de la chance », estimait pour sa part Timo Reinfrank de la Fondation Amadeu Antonio, qui lutte contre le racisme.

► La réponse politique des pays européens vivement critiquée

Dans son rapport, l’ONG Human Rights Watch dénonce une « réponse contre-productive » de l’Europe face à l’afflux massif des réfugiés.

« Le fait de ne guère laisser à la plupart des demandeurs d’asile d’autre choix que de risquer leur vie en mer à bord d’embarcations de fortune pour rejoindre l’Europe a engendré une situation chaotique que des terroristes potentiels peuvent aisément exploiter. »

En 2015, près d’un million de migrants avaient risqué leur vie en tentant de rejoindre l’Europe par la mer Méditerranée, d’après les chiffres du HCR.

L’infographie sur mobile

INFOGRAPHIE MER

Certains pays ont choisi de fermer leur frontière, voire même d’ériger des murs. En faisant cela « ils se soustraient de leur responsabilité envers les réfugiés », selon HRW. Ils renvoient alors le problème aux pays périphériques de l’Europe, bien moins outillés pour accueillir les demandeurs d’asile.

► « Jungle de Calais » : la France pointée du doigt

Depuis plus d’un an, près de 4.000 migrants vivent dans l’extrême précarité dans la « jungle », à l’est de Calais. De nombreuses organisations ont condamné à maintes reprises les conditions déplorables dans lesquelles vivent ces hommes, femmes et enfants.

« La France doit pouvoir proposer autre chose aux gens qui demandent sa protection », s’indignait Médecins du Monde.

Des manifestations sont régulièrement organisées par des organisations et citoyens pour réclamer plus de dignité pour ces migrants.

La vidéo sur mobile

Le citoyen, un garant des droits de l’homme

Depuis le début de la crise humanitaire qui frappe l’Europe nous avons assisté au pire, mais nous avons aussi vu ce que l’humanité peut faire de plus beau.

Avec cette carte interactive, faites un petit tour d’Europe des plus belles initiatives citoyennes pour aider les migrants.

 

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