Charles Michel rencontre Manuel Valls pour un sommet sur le terrorisme

Le Premier ministre belge Charles Michel a accueilli lundi en fin d’après-midi son homologue français Manuel Valls au Château de Val Duchesse, afin d’aborder la collaboration des deux pays en matière de lutte contre le terrorisme et le radicalisme. Ce sommet franco-belge a lieu dans la foulée des attentats qui ont frappé la France le 13 novembre dernier et largement ébranlé la Belgique, quatre des neufs terroristes s’avérant être d’origine belge.

L’image de la Belgique mise à mal

Charles Michel et Manuel Valls seront accompagnés de leurs ministres de l’Intérieur, respectivement Jan Jambon et Bernard Cazeneuve, et de la Justice, Koen Geens et Jean-Jacques Urvoas, pour dresser un bilan de leur coopération.

L’image de la Belgique a été mise à mal après les tueries de novembre à Paris (130 morts et des centaines de blessés), les enquêtes ayant rapidement mis en lumière les ramifications du réseau terroriste en Belgique, et plus particulièrement la piste de la « filière de Molenbeek ».

«  La détermination belge est très grande » pour lutter contre le terrorisme, a affirmé plus tôt dans la journée M. Michel, sur la radio française Europe 1, tout en regrettant «  les caricatures qui ont été exprimées contre la Belgique », notamment à l’encontre de la commune de Molenbeek Saint-Jean souvent taxée de repère pour terroristes.

« Notre coopération en matière de sécurité fonctionne plutôt bien »

Le sommet entre les deux pays doit être perçu «  comme une histoire positive » en matière de collaboration antiterroriste, commente un proche de la partie belge. Après les attentats, la coopération franco-belge a donné lieu à une soixantaine de perquisitions et onze mandats d’arrêt en Belgique, mais aussi à des informations importantes délivrées par Bruxelles à Paris pour mener l’assaut de Saint-Denis le 18 novembre dernier. « Ce serait dommage de ne pas tirer de leçons de cette expérience positive », ajoute cette source.

«  Quoi qu’on ait pu dire, notre coopération en matière de sécurité fonctionne plutôt bien. Les échanges sont les plus systématiques possibles, des équipes d’enquête conjointes sont en place », a d’ores et déjà appuyé Charles Michel dans un entretien au quotidien Le Monde le même jour. Il a annoncé toutefois vouloir «  prendre des engagements plus opérationnels et plus concrets. Nous pouvons aussi améliorer notre lutte conjointe contre la radicalisation. »

Lors de la réunion, les Premiers ministres et leurs ministres devraient donc aborder les obstacles à supprimer dans l’échange d’information, notamment pour verser des éléments dans le Système d’information Schengen. Chaque partie insiste en outre pour une mise entre œuvre rapide d’un « PNR européen ». Ce fichier des passagers aériens, «  approuvé après de scandaleuses lenteurs, ne fonctionnera que si les échanges entre les pays fonctionnent vraiment », a encore précisé au Monde M. Michel.

Les intervenants belges comptent également faire valoir leurs inquiétudes au sujet des camps de migrants dans la « jungle » de Calais, qui commence aussi à affecter les territoires côtiers belges. Le Premier ministre Charles Michel souhaite connaître « les intentions » des autorités françaises en la matière.