Zika: De Block déconseille les voyages en Amérique du Sud pour les femmes enceintes

La ministre de la Santé Maggie De Block demande aujourd’hui « aux voyageurs à destination de l’Amérique du Sud de prendre leurs précautions et préconise aux femmes enceintes ainsi qu’aux femmes qui envisagent une grossesse de reporter, voire d’annuler leur voyage ». La ministre souligne que la situation actuelle en Amérique du Sud causée par le virus Zika ne représente aucun danger pour la santé publique en Belgique. « Ce virus est transmis par des moustiques du genre Aedes et ne se transmet pas directement entre humains », précise-t-elle. En Belgique, c’est l’Institut de Médecine Tropicale qui est équipé pour établir ces diagnostics.

« Les autorités transmettent des recommandations spécifiques aux cliniques du voyage, aux médecins généralistes, aux sages-femmes et à tous les autres prestataires de soins afin qu’ils puissent rapidement détecter les cas potentiels et répondre aux questions des patients », explique-t-elle.

« Porter des vêtements longs »

« Le risque de propagation dans notre pays est quasi inexistant, vu qu’il n’y a pas de moustiques du genre Aedes en Belgique. Cependant, les voyageurs qui se rendent dans les pays touchés par le virus, et plus particulièrement les femmes enceintes, courent un risque. C’est pourquoi une série de mesures ont dès lors été prises, notamment l’adaptation de l’avis de voyage par le ministère des Affaires étrangères. Les personnes ne pouvant pas reporter leur voyage en Amérique du Sud ou centrale peuvent éviter les piqûres de moustiques en portant des vêtements longs et en utilisant des produits anti-moustiques ».

Selon la ministre De Block, « Un certain nombre de mécanismes mis en place lors de l’épidémie d’Ébola nous sont maintenant utiles. Je pense notamment à l’échange d’information et aux avertissements. C’est ainsi que nous voulons continuer à opérer : transmettre rapidement un maximum d’information afin que tout le monde puisse prendre des mesures si nécessaire. Le service Saniport est très vigilant dans les aéroports. Saniport est la police sanitaire du trafic international et dépend du SPF Santé publique. En application du Règlement Sanitaire International (2005) de l’Organisation Mondiale de la Santé, ce service effectue l’inspection sanitaire des bateaux et de certains avions en provenance de zones à risque. Les avions provenant des régions tropicales sont par exemple, toujours désinfectés ».

Un cas a été signalé en Belgique, puisqu’une « dame a été soignée à son retour du Guatemala en décembre. Elle s’est bien rétablie ».

L’alerte de l’OMS Europe

Si la Belgique sera sans doute préservée de toute contamination directe, ce n’est pas sûr du tout pour le reste de l’Europe. Mercredi, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les pays européens à se coordonner pour empêcher une prolifération du moustique transmettant le virus Zika, avant que cet insecte n’arrive sur le continent. « J’exhorte les pays européens à agir de manière coordonnée pour contrôler les moustiques, y compris en impliquant les populations pour éliminer les sites de reproduction et en planifiant d’épandre de l’insecticide et de tuer les larves », a expliqué la directrice Europe de l’OMS, Zsuzsanna Jakab.

L’OMS estime que le risque qu’il arrive sur le continent « reste extrêmement faible pendant la période hivernale ». Mais ce risque va augmenter à mesure que les températures vont augmenter, l’insecte pouvant s’adapter à tous les climats chauds. « Les moustiques du genre Aedes, les mêmes moustiques responsables de la propagation de la dengue et de la fièvre chikungunya, sont présents dans plusieurs pays européens, notamment dans les pays méditerranéens », notait l’organisation fin janvier. À la même époque, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies relevait le risque qu’un autre moustique tigre (Aedes albopictus) ne devienne vecteur de la maladie en Europe. Or, la présence de cette espèce est établie, selon ses observations, sur le pourtour méditerranéen, de l’Espagne à la Grèce, dans la moitié sud de la France, dans toute l’Italie, ainsi qu’en Bulgarie, sur les rives de la mer Noire.