Charleroi: sauver la dernière «cathédrale de feu» du Hainaut

Le groupe de travail « Patrimoine industriel de la zone porte Ouest » vient de remettre au collège communal carolo les deux études complémentaires qui lui avaient été commandées sur l’état des outils de la zone sidérurgique de Carsid, en particulier celui qui en constitue le fleuron : le haut-fourneau nº 4, dernière « cathédrale de feu » du Hainaut. Selon sa présidente Véronique Salvi (CDH), les résultats permettent d’en envisager la conservation, ainsi que celle des périphériques indispensables à la compréhension du cycle de production de l’acier. Un périmètre de préservation a été défini, il s’étend sur un peu plus de 2,5 hectares : il comprend la zone d’agglomération, l’approvisionnement en matières et la zone de production, sans oublier le « cœur » du processus, le HF4 lui-même.

Des mesures de maintenance et de sécurisation s’imposent

Indépendamment des négociations qui se poursuivent avec le groupe Duferco, propriétaire des équipements dont la valeur marchande n’a toujours pas été calculée, le groupe de travail suggère de prendre les mesures de maintenance et de sécurisation qui s’imposent pour mettre l’outil à l’abri de périls irréversibles. Coût de l’opération qui doit s’achever endéans 2019, selon une planification à définir : 2,5 millions d’euros, en ce compris une mise en lumière des installations pour en augmenter la visibilité la nuit. Le rapport préconise également de créer une fondation ou une asbl pour gérer ce patrimoine. Il faudrait dans ce cadre pourvoir au financement de son fonctionnement (surveillance, éclairage, entretien…), ce qui n’a pas été estimé. Deuxième étude complémentaire : un cadastre des machines remarquables présentes sur le site de Carsid. Une liste de vingt équipements a été établie, six d’entre eux méritent une valorisation prioritaire qui colle bien avec l’image de la requalification économique du site, pour laquelle la Région wallonne et Duferco ont constitué un fonds de financement public-privé de 130 millions d’euros. Pour continuer à avancer dans ce projet de sauvegarde, il faut maintenant convaincre le gouvernement régional. A commencer par son ministre Maxime Prévot (CDH) en charge du Patrimoine, peu sensible au maintien des témoins de l’histoire industrielle. Pour Salvi et le directeur de l’asbl Bois du Cazier Jean-Louis Delaet, ce combat est primordial : sous peine de voir disparaître ce précieux héritage du passé, il est temps de faire entrer le patrimoine industriel dans les préoccupations politiques et d’y consacrer une partie des budgets. Un défi ambitieux en perspective.