L’extension des Hauts-Sarts contestée

Ce jeudi, le comité « Contre l’extension du zoning des Hauts Sarts dans nos campagnes » a déposé 2.162 réclamations dans le cadre de l’enquête publique relative à l’extension du parc d’activités économiques des Hauts Sarts.

A cela s’ajoutent d’autres réclamations introduites par des entreprises ou des riverains à titre personnel, directement auprès des services communaux de Herstal, Oupeye et Juprelle concernés par le projet.

Au total, il pourrait y avoir près de 2500 réclamations. Un chiffre brut à prendre avec des pincettes puisque les administrations doivent à présent vérifier la validité des missives.

Une chose est sûre : entre la SPI, intercommunale de développement économique maître d’œuvre du projet et le comité de riverains, c’est le dialogue de sourds. Tandis que la SPI a répété l’urgence de transformer ces 60 hectares de terrains agricoles en zoning, le comité des riverains pointe l’absence de cadastre, tant des friches industrielles que des actuels espaces d’activités économiques dont dispose la SPI et qui pourraient soit être assainis et équipés soit être directement mis à disposition des entreprises.

« Non seulement, la SPI a encore des terrains libres à Cerexhe et ailleurs mais elle refuse de prendre à bras-le-corps la question de réaffectation des friches industrielles qui, selon nos calculs, représentent 1.772 hectares en région liégeoise, hors Chertal. Nous estimons que l’on ne peut pas reporter sans cesse le problème en continuant de gaspiller ainsi des bonnes terres agricoles », explique Anne Jamblin, porte-parole du comité.

Outre cette question de principe, le comité met en évidence toute une série de problèmes liés à la mobilité, notamment la fermeture d’une rue de liaison entre Hermée et Milmort ou encore la présence de puits de mine sur une partie du terrain, ce qui réduirait l’espace disponible pour les entreprises. Et si la SPI a bien prévu une zone tampon de 10 hectares acceptée par certains riverains, ils rétorquent que, sur le fond, ils restent opposés au projet d’extension.

De son côté, le bourgmestre d’Oupeye, commune principalement concernée, conteste vivement le mode de financement de l’extension. « Il n’est pas question que la commune doive supporter la part non subsidiée du projet, soit 5 millions d’euros », déclare Serge Fillot (PS). Sur ce point, il est rejoint par son homologue de Herstal, Frédéric Daerden qui réclame que « l’accueil de zones économiques soit plus attractif pour les communes ».

En clair : confrontées à une baisse de la fiscalité relative à la présence d’entreprises sur leur territoire et à une hausse des coûts d’entretien des parcs d’activités économiques, les communes ne sont plus enclines à supporter les 20 % d’investissements (expropriation et équipements) en matière de création de parcs. « D’autant plus que les emplois générés aux Hauts-Sarts concernent l’ensemble de la région liégeoise et, de manière plutôt restreinte, Oupeye », ajoute Serge Fillot.

On notera qu’autour de Liege Airport, la Région subsidie 100 % de l’équipement des terrains.