Harcèlement de rue: pourquoi il ne faut pas hésiter à porter plainte

Le harcèlement de rue est puni par la loi. Pourtant, les agressions sont monnaie courante.

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Dimanche dernier, vers 11h, la chanteuse bruxelloise Marie Warnant sort de chez elle pour se rendre au magasin du coin s’acheter un soda. Un acte anodin. Et pourtant, durant ce court trajet, elle se trouve harcelée verbalement par deux hommes. Suite à sa mésaventure, elle appelle la police pour demander ce qu’elle peut faire. Une femme lui répond qu’elle peut porter plainte mais qu’il n’y aura probablement pas de suite ; tout dépend du contenu du casier judiciaire de l’auteur, lui dit-elle.

Pourquoi les femmes ne parviennent pas à obtenir justice ? On en a parlé avec Violaine Jadoul.

Le témoignage de Marie Warnant a relancé le débat du harcèlement en rue. Elle a rencontré des difficultés quand elle a voulu porter plainte…

Elle a d’abord téléphoné à la police et a eu comme première réponse qu’elle n’aurait pas de suites. Le lendemain, elle s’est rendue au commissariat et là elle a porté plainte. Depuis 2014, il existe une loi qui punit les propos sexistes en rue, mais la victime doit en apporter la preuve, c’est assez compliqué.

C’est difficile d’avoir des chiffres précis sur ce phénomène ?

Oui. Dans certaines zones de police, les plaintes pour harcèlement de rue sont mises dans le même panier que le harcèlement au domicile, à l’école, etc. Bruxelles-Ville fait la distinction mais les chiffres restent minimes car beaucoup de femmes ne vont pas porter plainte. Et lorsqu’elles le font, il y a très peu de suites.

Cette loi est-elle efficace ?

Les associations féministes parlent d’une loi symbolique car il n’est pas normal de se faire insulter en rue. C’est une loi qu’elles réclamaient depuis pas mal d’années et le documentaire de Sofie Peeters (« Femme de la rue », en 2012) a donné un coup d’accélérateur. Mais elles disent que cela vise des actes sexistes et non le sexisme en général, ce qui permet de continuer à diffuser, par exemple, des publicités sexistes.

Concrètement, que faut-il faire en cas de harcèlement ?

Il est important de se rendre à la police et de porter plainte. Si l’auteur est identifié, il risque une amende 50 à 100 euros et une peine de prison d’un mois à un an.

Le 11h02 sur tablettes et mobiles

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