François Hollande, le tonton flingueur de la gauche

La gauche comme la droite sont désormais des champs de ruines. L’édito de Joëlle Meskens.

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La séquence était censée remettre François Hollande en selle. Une révision constitutionnelle qui marquerait l’unité de la nation contre le terrorisme et puis un remaniement ministériel destiné à former l’équipe de choc qui serait aux commandes de la France jusqu’à la prochaine présidentielle, au printemps 2017.

« Ce sont les soldes ! »

Le spectacle offert ces deux derniers jours dans l’Hexagone étale au contraire l’extraordinaire faiblesse du chef de l’Etat. Mercredi, le vote pour la déchéance de la nationalité des auteurs de crimes et délits terroristes est passé à une majorité plus large que prévu à l’Assemblée. Mais à quel prix ! La gauche comme la droite, aussi divisées l’une que l’autre, sont désormais des champs de ruines, minées par les arrière-pensées et les écuries présidentielles.

Le casting du « nouveau » gouvernement Valls n’est pas davantage convaincant. « Ce sont les soldes ! », résume Franz-Olivier Giesbert d’une formule assassine. Où est la gauche ? Elle reste dispersée façon puzzle, comme disait Audiard, et c’est bien le Président qui en est le Tonton flingueur. Lui qui n’a su retenir en leur temps ni les Duflot, ni les Montebourg, ni les Hamon, ni les Taubira.

Faire croire que les Verts sont de retour

La débauche d’Emmanuelle Cosse, à qui l’on a offert un référendum local sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Ce n’est qu’un leurre grossier pour faire croire que les Verts sont de retour. Aussitôt nommée, la patronne des écologistes a d’ailleurs dû rendre son tablier de cheffe de parti. Un parti plus en miettes que jamais. Aucun « frondeur » ne monte dans l’attelage. Nulle Martine Aubry non plus à l’horizon qui réconcilierait une certaine gauche avec elle-même. Quant au retour de Jean-Marc Ayrault, il signe l’absence de troupes. Pour trouver une personnalité d’expérience capable de succéder à Laurent Fabius pour piloter la diplomatie, il a fallu battre le rappel d’un homme que le même François Hollande avait congédié de Matignon, il y a moins de deux ans, parce qu’il n’avait pas convaincu ! Ultime humiliation : avant même le remaniement ministériel, Jean-Luc Mélenchon s’était lancé la veille dans la course présidentielle, enterrant pour de bon toute perspective d’un rassemblement de toute la gauche.

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Peut-être, par cette manœuvre, François Hollande a-t-il suffisamment affaibli les Verts pour neutraliser une éventuelle candidature présidentielle de Cécile Duflot ? Le Président jure qu’il n’a pas pris sa décision et qu’il ne sera pas « candidat pour être candidat » s’il n’obtient pas de résultat. « Je ne raisonne pas par rapport à une échéance », jure-t-il, croix de bois, croix de fer. «  Les médias sont obsédés par la présidentielle, mais moi, je ne fais pas de calculs  ! », a-t-il expliqué à la télévision. Les yeux dans les yeux des Français, comme disait Jérôme Cahuzac ? Personne n’est obligé de le croire .

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