«Plus de 80 manipulations pour un vélo bien réparé»

Acheter une bicyclette retapée promet parfois des surprises après quelques semaines en selle. Un réseau d’ateliers a mis en place un label pour garantir de la qualité des réparations. Remy van Genechten en est le coordinateur.

Un an après avoir initié le label « vélocyclé », où en est le projet ?

Désormais, huit ateliers sur la trentaine du réseau L’HeureuxCyclage proposent à la vente des vélos de seconde main doté de ce label de qualité. Concrètement, à l’entrée d’un cycle, sa qualité est évaluée par les mécaniciens selon une grille passant à la loupe une vingtaine de composants. S’il provient d’une grande surface, à coup sûr, il ne passera pas ce stade, car les vélos qui y sont vendus ne sont pas de grande qualité et ont une faible durée de vie. Si le vélo est jugé intéressant et réparable, les mécaniciens s’affairent, pour finalement proposer à la vente des bicyclettes auréolées de une, deux ou trois étoiles. Dans le premier cas, 60 manipulations auront été effectuées sur la bicyclette. Deux étoiles indiquent 80 manipulations et le remplacement des câbles, alors qu’un vélo avec 3 étoiles est, en sus, muni de nouveaux pneus et freins, et est couvert par une garantie de six mois.

Le public adhère-t-il aux vélos de seconde main ?

On est à la croisée de deux mouvements en vogue : l’attrait pour le vélo et celui pour la récup. Année après année, on vend de plus en plus de vélos de seconde main. Rien qu’en 2013, plus de 900 vélos, issus de dons ou de la déchetterie, ont été ainsi remis en circulation après vérification. Concernant spécifiquement les vélos labellisés « vélocyclé », l’aventure débute réellement ce printemps, l’an dernier ayant été dévolu à la mise en place du label.

Qu’en est-il du prix ?

Pour un vélo vérifié et réparé, il faut compter de 40 euros à un peu plus de 150 euros. Ce n’est vraiment pas cher, surtout pour un vélo de qualité. Et pourtant, dans certaines zones de Wallonie, cela reste onéreux ; alors qu’à Bruxelles, on pourrait les écouler trois fois plus cher. Chaque atelier fixe le prix par lui-même, en fonction de la réalité socio-économique qui lui est propre. Le but est de remettre des personnes éloignées de l’emploi sur le chemin du travail, mais aussi que chaque atelier développe une activité économique et parvienne, à terme, à s’autofinancer.

D’autres acteurs sont-ils intéressés par le label « vélocyclé » ?

Oui, par exemple Les Petits Riens à Bruxelles. Ils réparent et vendent également des vélos de récupération et souhaitent rendre la qualité de leur travail visible auprès du grand public. Des structures françaises se montrent également intéressées. Qui sait ? c’est peut-être le début d’une aventure internationale.