Willy Borsus sensible à l’appel des femmes

Fin septembre, répondant aux revendications de diverses organisations des classes moyennes, le ministre fédéral Willy Borsus, en charge des indépendants et des PME, s’était engagé à faire de la promotion de l’entrepreneuriat féminin « une des priorités de la législature ».

Une tournée de concertation avec un certain nombre d’organisations représentatives (UCM, SNI, Izeo, Unizo, Réseau Diane, etc.) a alors été engagée et moins de six mois plus tard, le ministre fait en quelque sorte du « teasing » en annonçant qu’une série de mesures devraient être annoncées en conseil des ministres « d’ici un mois. »

A l’occasion de la présentation par le SNI (Syndicat neutre pour indépendants) d’une étude sur l’entrepreneuriat féminin, Willy Borsus n’a pas encore voulu détailler lesdites mesures mais a indiqué qu’elles s’inspireraient « largement » des propositions relayées ces derniers mois par les organisations de classes moyennes. « En 5 ans, l’entrepreneuriat féminin n’a augmenté que de 1% (ndlr : les femmes représentent environ 34% des indépendants du pays). Il est important de faire tomber un certain nombre de barrières. »

10 semaines de congé de maternité ?

Lesquelles ? Une revendication centrale concerne l’allongement du congé de maternité pour les indépendantes, de 8 semaines maximum actuellement à 13 semaines, comme le propose le SNI. Rappelons que les salariées bénéficient de jusqu’à 15 semaines de congé de maternité.

Il nous revient à bonne source qu’il est fort probable qu’allongement il y ait, mais sans doute pas jusqu’à 13 semaines … 10 ? Les paris sont ouverts … Le SNI nous indique, d’après une étude auprès de ses membres, que les mamans entrepreneures prennent en moyenne 7,6 semaines de congé de maternité. Le besoin apparaît donc bien réel. L’indemnité est actuellement de 450 euros par semaine.

Une autre proposition concerne l’octroi automatique des 105 titres-services auxquels les entrepreneurs-mamans ont droit, pour supprimer certaines formalités administratives.

Enfin, une autre « inégalité » que dénoncent les organisations de classes moyennes est le fait que les indépendantes doivent continuer à payer des cotisations sociales pendant leur congé de maternité. On saura bientôt si une exonération des cotisations sociales quelques mois après un accouchement deviendra réalité …

Plus original, le SNI plaide pour un crédit de 500 heures par an hors cotisations sociales (plafonnés à 6.000 euros bruts annuels) que les entrepreneures pourraient utiliser pour se faire aider par des étudiants ou des seniors dans certaines tâches familiales.

S’il maintient donc encore le suspense, le ministre a laissé entendre que « les mesures iront dans le sens d’une meilleure conciliation entre la vie d’entrepreneure et la vie de famille et d’une convergence des statuts indépendante-salariée, spécifiquement en cas de maternité. Même s’il faut préserver un système modulaire qui accorde de la flexibilité à l’activité d’indépendante. Je prévois également, en concertation avec le secteur bancaire, des initiatives de sensibilisation pour favoriser l’accès au financement pour les entrepreneures. Et enfin, je compte mettre sur pied un observatoire de l’entrepreneuriat féminin, qui mesurera notamment l’impact des différentes mesures. »

Réponse dans quelques semaines, avec aussi, espérons-le, des indications sur le coût des mesures en question.

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