Deux ONG veulent promouvoir la pêche durable en Méditerranée

Près de 90 % des stocks de poissons en Méditerranée sont surexploités.

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Parce qu’« il y a urgence » à agir, deux organisations internationales se sont associées pour y promouvoir la pêche durable. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Marine Stewardship Council (MSC), spécialisé dans la lutte contre la surpêche, ont lancé un projet de deux ans, baptisé « Medfish ». Leur objectif est de « mettre le plus possible de pêcheries sur la voie » de la pêche durable, a expliqué mercredi Margaux Favret, de MSC France, au cours d’une conférence de presse.

Selon le WWF, non seulement la surpêche «  menace actuellement l’équilibre de la vie en Méditerranée » mais elle touche aussi « lourdement les communautés côtières, dont les moyens de subsistance reposent sur la pêche ».

Lire : L’Europe s’alarme de la surpêche « endémique » en Méditerranée

Cartographier les pêcheries

Dans le cadre de Medfish, cinquante pêcheries côtières méditerranéennes françaises et autant d’espagnoles, représentatives de la pêche en Méditerranée, vont être « cartographiées » par des organismes de certification et des scientifiques. Toute une série d’éléments vont être passés au crible, comme les espèces pêchées, les engins de pêche utilisés, les quantités capturées par rapport à l’état des stocks estimés, les impacts potentiels sur la faune et la flore, les débouchés commerciaux. « L’idée, c’est d’avoir une photo, avec la plus haute définition possible, de chaque pêcherie », précise Margaux Favret.

Sept pêcheries en France et sept en Espagne feront ensuite l’objet d’une pré-évaluation, selon les critères « pêche durable » du programme de certification du MSC. Une étape qui permettra d’« identifier les points positifs et les points de progrès ».

À partir de ce diagnostic, « une feuille de route très claire » visant à l’amélioration de leurs pratiques sera définie, explique Margaux Favret.

« Toutes les parties prenantes -pêcheurs, ONG, gouvernements, distributeurs, organisations de producteurs — sont invitées » à s’impliquer afin de parvenir à « un projet qui colle à la réalité du terrain », ajoute-t-elle.

“Faire des petits”

Certaines pêcheries obtiendront d’ici à quelques années la certification MSC (pêche durable), délivrée pour cinq ans avec une inspection annuelle.

Medfish se concentre pour l’instant sur la France et l’Espagne mais voudrait « faire des petits » dans d’autres pays du bassin méditerranéen, comme l’Italie ou la Grèce, ont précisé les deux organisations.

En France, huit pêcheries sont certifiées MSC, dans le Nord, en Bretagne, en Normandie et à La Réunion.

Encourager la pêche durable en Méditerranée est d’autant plus urgent que cette mer semi-fermée qui abrite entre 4 % et 18 % des espèces marines connues « subit des pressions croissantes », souligne Joséphine Labat, du WWF.

Des biotopes uniques au monde

Outre la surpêche, elle est menacée par le développement de secteurs comme le tourisme, le transport maritime, la pêche de loisir, l’aquaculture, l’exploration et l’extraction d’hydrocarbures.

Lire : La Méditerranée « sur le chemin du burn out », prévient le WWF

Or, elle est une zone de reproduction, de migration et d’hivernage de nombreuses espèces marines, et elle abrite des biotopes uniques au monde, comme les herbiers de posidonies et des coraux.

« Rétablir un juste équilibre »

Au niveau mondial, 29 % des stocks sont surexploités et 90 millions de tonnes de poissons capturés chaque année, selon le MSC. Les captures de produits de la mer par des pêcheries certifiées ne représentent que 9 millions de tonnes.

La pêche « est la principale source de revenu pour un demi-milliard de personnes » et la consommation de produits de la mer « augmente dans tous les pays », souligne Edouard Le Bart, de MSC France. Elle est passée de 9 kg par habitant et par an en 1960 à environ 19 kg actuellement.

Selon le MSC, 41 % des consommateurs recherchent désormais des produits de la mer durables, contre 36 % en 2010.

La pêche est « un enjeu mondial » et « il y a urgence à rétablir un juste équilibre » entre exploitation des produits de la mer, préservation des ressources et protection des écosystèmes, souligne l’organisation.

 

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