Marloie: une usine de défibrage du chanvre

D’ici quelques mois, une usine de défibrage du chanvre va sortir de terre à Marloie. Ce projet, initié par la coopérative BELchanvre avec la collaboration du Centre d’économie rurale de Marloie (CER), permettra à la filière de se doter d’un nouvel atout. Les agriculteurs vont en effet pouvoir y faire valoriser leurs productions. La filière chanvre va donc se doter de nouvelles possibilités de développement.

Deux millions d’euros ont dû être rassemblés pour permettre à cette usine agricole de sortir de terre. 846.000 euros ont été financés par la SA BE.Hemp, 450.000 euros proviennent de Luxembourg Développement Europe et de Namur Invest. Le reste a fait l’objet d’un prêt auprès d’une banque. Les terrassements viennent de démarrer. L’outil devrait être opérationnel pour l’été.

« Depuis quelques années, des agriculteurs wallons se sont remis à produire du chanvre. Une coopérative – BELchanvre – également soutenue par le CER a été créée. Elle rassemble désormais septante-huit producteurs », commente Jean-Noël Degeye, le directeur du département.

Elle est également l’actionnaire principal de la SA BE.Hemp. D’ici 2020, l’objectif est de produire 1.000 hectares de chanvre en Wallonie, la production pouvant être totalement valorisée à Marloie.

Aidé par Robert Masson, c’est ce dernier qui a planché sur la concrétisation du futur outil. Car si les graines récoltées sont utilisées dans le secteur de l’alimentation, la plante dans son entier peut aussi être valorisée. « La paille de chanvre peut être défibrée. Les fibres (30 %) peuvent être employées dans le secteur de l’isolation, de la construction automobile, de la papeterie… L’idéal dans un avenir proche serait aussi de produire des fibres de suffisamment bonne qualité qu’elles pourraient être utilisées dans le secteur textile. Les granulats de chanvre (55 %) sont tout aussi bien utilisés comme paillage agricole, litière animale ou comme isolant en vrac dans le secteur de l’écoconstruction. »

Mais jusqu’à présent, il n’était pas possible de défibrer le chanvre en Wallonie. Les agriculteurs devaient notamment se rendre en France. Le projet en cours de développement à Marloie va permettre de combler cette lacune.

« L’usine permettra de traiter la production de 1.200 hectares, explique encore Jean-Noël Degeye. Nous espérons que le nombre d’agriculteurs producteurs croîtra suffisamment pour atteindre ce chiffre d’ici 2020. »

Pour faire fonctionner l’outil, deux personnes – plus spécifiquement des techniciens – seront engagées d’ici l’ouverture de l’usine. « Deux autres techniciens compléteront l’équipe une fois que la machine sera lancée. »

Si le CER via sa filiale Agri-Développement croit au potentiel de cette plante, il n’est pas le seul. « Le ministre wallon de l’Agriculture, René Collin, y croit aussi. Il a d’ailleurs débloqué, voici peu, un budget de 240.000 euros pour l’ASBL Chanvre wallon. Cette dernière doit mener des actions pour aider à développer la filière – via le soutien de certaines recherches agronomiques, par exemple – mais aussi pour mieux faire connaître les produits auprès du grand public », conclut le dynamique directeur.

Info sur www.belchanvre.be