Logement bruxellois : le gouffre énergétique

Le parc immobilier bruxellois est un gouffre énergétique. Dans le cadre de la certification PEB, cet outil qui permet de mesurer la qualité énergétique des bâtiments, la moitié des habitations restent coincées dans le fond du panier, avec des notes de E et F, soit deux des trois dernières catégories. Ce certificat prend en compte un grand nombre de paramètres : isolation du toit, des murs, du sol, le double vitrage,... « Le résultat actuel n’est guère brillant. Il est étonnant de relever que les gens ont souvent une perception tronquée de la qualité énergétique de leur appartement ou de leur maison. Alors qu’en réalité, il affiche de piètres performances. Mais les particuliers s’y habituent, hélas… », estime David Deweer, attaché au département Energie de l’IBGE.

Cette situation a des conséquences importantes. « Il y a l’impact sur le réchauffement climatique, mais il y a aussi des aspects sociaux. Il y a un pourcentage conséquent de la population qui a des difficultés à payer ses factures énergétiques ou qui n’est plus capable de les payer. Et derrière cela, il y a aussi des enjeux médicaux », analyse Geoffrey Van Moeseke, chargé de recherche à l’UCL. Les politiques publiques doivent s’adapter pour pousser les propriétaires à rénover, explique l’expert : « On a beaucoup travaillé par le biais de primes par le passé, mais on se rend compte que cet incitant profite surtout aux riches puisqu’il faut une mise de fonds initiale. Aujourd’hui, on s’oriente plus vers des prêts zéro ou vers des politiques de tiers investisseur. »