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La méditation orgasmique explore les clitoris

Des cours et des ateliers explorent le plaisir féminin dans une perspective de reconnexion à soi-même. Une pratique bénéfique pour l’homme comme pour la femme, selon ses adeptes.

Journaliste au service Société

Par Anne-Sophie Leurquin

Temps de lecture: 4 min

Depuis quelques jours, ça frémit sur le net et les réseaux sociaux, à la fois d’indignation, de stupéfaction, d’étonnement ou de curiosité : venus de Californie, des cours de « méditation orgasmique » fleurissent à Paris, Londres ou Bruxelles, comme le relaient Slate, Libé et Dazed. Concrètement, il s’agit d’apprendre les caresses idoines pour provoquer le plaisir clitoridien chez la femme – « sans technique, un don n’est rien qu’une sale manie », comme le chantait Brassens.

L’idée, comme pour toute pratique de méditation, est de favoriser la concentration, de canaliser sa pensée et d’observer les sensations éprouvées. En l’occurrence ici, aussi bien pour le masseur que pour la cobaye : chaleur, vibrations, couleurs…

Des caresses sans réciprocité

Au terme d’une journée de formation ou de plusieurs séances explicatives visant à mettre les gens en confiance, place à la pratique. Elle ne se fait que sur base volontaire, entre adultes consentants. Libre à ceux qui veulent exercer tranquillement chez eux de préférer l’intimité.

Le protocole est très clairement défini et toujours identique : la personne qui stimule le clitoris porte un gant lubrifié, reste habillée, tandis que celle qui se fait masser n’enlève que le bas. La femme ouvre les jambes en papillon sur des coussins et l’homme la caresse de la main gauche, en plaçant le pouce à l’entrée du vagin et en faisant de lents mouvements avec l’index de bas en haut. Il se met totalement à l’écoute de sa partenaire, qui peut orienter ses caresses. À l’issue de la séance de 15 minutes sans réciprocité ni suite ni pénétration, l’un et l’autre décrivent ce qu’ils ont vu et/ou ressenti.

Le but est d’apprendre à mieux se connaître, loin des performances, des conditionnements culturels et des clichés trash du porno. Mais aussi de démystifier le plaisir féminin, obscur objet de désir. Nulle place pour la simulation, ce serait contre-productif. D’après Justine Dawson, prêtresse londonienne du MO interrogée par Vice, « la majorité des gens qui choisissent de faire l’expérience ont de meilleurs rapports entre eux, des sensations plus riches, plus d’énergie dans leur vie, et un sentiment général de chaleur ».

« Je ne sais pas quelle est la question, mais le sexe est définitivement la réponse  » : c’est Woody Allen qui le dit, avec son sens de l’humour et de la formule.

La vidéo sur mobile

Pour insolite qu’elle soit, la pratique OM (abréviation de l’anglais, rien à voir avec le club de foot) n’est pourtant pas neuve. Née dans le sillage du Slow Sex lancé par Nicole Daedone à San Francisco il a plus de 15 ans, la méditation orgasmique valorise la pleine conscience de son plaisir. Comme le rappelle Philippe Kempeneers, sexologue à l’ULg, l’utilisation par des professionnels de caresses dans le cadre d’une recherche sur le plaisir remonte aux années 60. Les parents de la sexologie moderne William Masters et Virginia Johnson, qui ont inspiré la série Masters of Sex, ont étudié l’orgasme et réhabilité les caresses lors de séminaires avec adultes/cobayes consentants.

Des séances pour célibataires ou pour couples établis

Ce qui a offusqué les plus prudes des internautes, c’est que cette intimité factice ne se base pas toujours sur une relation intime : le couple d’apprenants ne l’est pas forcément dans la vie. Le sexologue de l’ULg s’en étonne également, tout en admettant que souvent l’homme a besoin qu’on le guide. Pour Emmanuelle Duchesne, qui pratique ces sessions en France et en Belgique, certains couples en ressortent totalement épanouis, comme après une nouvelle lune de miel.

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À écouter les témoignages relayés par France Culture lors d’un reportage sur une séance in situ, on se rend compte que des attirances ou des réticences se font naturellement. Après la phase théorique, ceux qui veulent rester pour les travaux pratiques demandent au « partenaire » qu’ils ont choisi s’il veut « OMer » avec lui. Chacun reste libre d’expérimenter ou non la chose, en fonction de ses envies et avec qui bon lui semble. C’est tout l’intérêt.

Pour les personnes que ça titille, une session sera organisée à Bruxelles le 12 mars. Infos ici.

www.meditationorgasmique.com/

Sur Facebook, la communauté TurnOn donne d’autres dates dans toute la France

 

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