L’écrivaine Liliane Wouters est décédée

Liliane Wouters est décédée ce dimanche matin. Elle était malade depuis plusieurs mois. Elle fut longtemps institutrice, dans sa commune natale, Ixelles, où elle est née le 5 février 1930. De cette expérience, de 1949 à 1980, elle tire le sujet d’une pièce de théâtre, La salle des profs, qui fut créée en 1983. C’est peut-être son œuvre la plus célèbre, un théâtre-vérité, une radiographie de l’enseignement qui évoque avec ironie et tendresse les problèmes des instituteurs, passionnés au début de leur carrière, confrontés souvent ensuite à la médiocrité, à la banalité de chaque jour.

Une carrière de poétesse

Mais Liliane Wouters fut d’abord une poétesse. Son premier recueil, La marche forcée, est préfacé par Roger Bodart et obtient le prix Nuit de la poésie où Cocteau et Aragon sont membres du jury. Ses cadences soutenues par la rime disent à la fois un réalisme magique et une mystique éclairée qui doivent beaucoup à la puissance et au baroque nordiques. Des accents d’épopée y sous-tendent une certaine angoisse devant la vie, l’amour et la mort.

Elle produira tout au long de sa vie de nombreuses pièces de théâtre et de nombreux recueils de poésie et décrocha plusieurs prix littéraires. Elle composera aussi un Panorama de la poésie française de Belgique (1976), Ça rime et ça rame (1985), spécialement destinée aux jeunes et, réalisée avec Alain Bosquet, La poésie francophone de Belgique, quatre tomes reprenant des textes de poètes nés entre 1804 et 1962, et Poètes aujourd’hui : un panorama de la poésie francophone de Belgique avec Yves Namur. Ses mémoires, Paysages flamands avec nonnes, sont publiés en 2007.

Liliane Wouters était membre de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique depuis 1985, elle était aussi membre de l’Académie européenne de poésie depuis 1996.