Les 10 découvertes archéologiques les plus importantes de l’année 2015

1. Les nouvelles pierres enterrées de Stonehenge, en Angleterre

On l’appelle désormais Stonehenge 2. C’est à Durrington Walls, situé à 3 km du premier Stonehenge bien connu, qu’un nouveau site impressionnant a été découvert par l’équipe du Stonehenge Hidden Landscape Project le 7 septembre 2015. Enterrées sous un mètre de terre, nonante pierres ont été détectées grâce à une technologie de cartographie souterraine, elles mesurent plus de 4.5 mètres de hauteur. Trente d’entre elles sont parfaitement intactes. Disposées en cercle, les pierres servaient probablement d’arène rituelle, selon les experts et scientifiques, qui pensent également que ces pierres auraient été enterrées pour préserver la symbolique religieuse. Une aubaine puisque grâce à cela, la conservation du monument est presque parfaite.

2. Les 30 bâtiments de l’Âge du Bronze découverts en Écosse

En septembre 2015, des archéologues ont découvert un sauna et 29 autres bâtiments datant de l’âge du Bronze à Orkney en Écosse. Ces constructions datent de 4000-1000 avant Jésus-Christ. L’équipe d’experts pense que cet ensemble de bâtiments servait aux rituels de l’époque. De plus petits bâtiments sont retrouvés, dépendants du plus important où des dispositifs permettant le chauffage de l’eau par les pierres ont été découverts. Cependant, le but exact d’une telle salle d’eau n’a pas encore été établi avec précision, elle aurait pu servir à la cuisine ou la toilette. Mais les experts penchent plutôt vers le sauna réservé uniquement à quelques privilégiés.

3. Preuve de l’existence de la reine Khentkaous III, jusque-là ignorée.

Une équipe tchèque a découvert un tombeau en janvier 2015 sur le site d’Abousir en Égypte. Beaucoup de trouvailles de la sorte surgissent sur ce site archéologique connu mais celui-ci révèle l’existence d’une reine jusqu’ici inconnue : Khentkaous III. Elle aurait été l’épouse du pharaon Néferefrê. Son nom et son titre, gravés à l’intérieur du tombeau, indiquent aux experts qu’elle faisait partie de la cour pendant la Ve dynastie, et sont la preuve indiscutable de son existence. Des statuettes et 24 ustensiles en calcaire et en bronze ont également été retrouvés dans la tombe. De plus, la construction typique du tombeau permettra aux archéologues d’avancer dans leur compréhension de l’époque prestigieuse égyptienne. Rappelons que c’est lors des IVe et Ve dynasties que les pyramides ont été construites.

4. L’impressionnante tombe d’un Prince celte mise au jour en France

Impressionnante, c’est sûr : un Prince celte de l’Âge du Fer (1100 à 400 avant J.-C.) et son char ont été retrouvés dans une tombe de 14 mètres carrés. Une découverte faite à Lavau, dans le nord-est de la France en mars 2015 par l’Institut national de recherches archéologiques préventives. Des bijoux en or massif sont retrouvés sur le corps : un collier, des bracelets et un brassard. Les restes de perles de nacre témoignent probablement de bijoux de cheveux, et une agrafe en fer et corail est retrouvée, ayant probablement servi à fermer un vêtement. Des objets prestigieux sont également déterrés : un chaudron en bronze d’un mètre de diamètre, orné de décorations représentant Acheloos, incarnation de la force des fleuves et une cruche à vin intacte en céramique représentant Dyonisos avec un pied cerclé d’or, en provenance de Grèce. Le Prince reste non-identifié.

5. Bases d’une forteresse séleucide à Jérusalem

En novembre 2015, les bases d’une forteresse ont été découvertes par l’Autorité des antiquités d’Israël, à Jérusalem. Cette forteresse, nommée Acra, est le premier vestige de l’Empire des Séleucides, dirigé par le roi Antiochos IV. Celui-ci a ravagé la ville de Jérusalem en 168 av-J.C. avant d’en prendre le contrôle, tentant d’imposer un style de vie épicurien et influencé par la culture grecque. Il interdit le judaïsme et consacre le temple de Jérusalem aux dieux grecs, provoquant ainsi la révolte des juifs traditionalistes. La forteresse Acra a joué un grand rôle lors de la Révolte des Maccabées. Des têtes de flèches et des boulets de catapultes ont également été trouvés sur le site. Cette découverte permet aux experts d’avancer dans leurs recherches sur la période en question puisqu’il s’agit de l’unique patrimoine archéologique datant de l’époque du contrôle grec de Jérusalem à ce jour.

6. Une porte d’entrée de la ville de Goliath

En Aout 2015, des archéologues de l’université de Bar Ilan à Tel-Aviv ont découvert les fondations de la porte d’entrée de Gath, ville biblique du royaume des Philistins où David affronta Goliath, selon la Bible. Les bases monumentales prouvent la grandeur de la ville de Gath, une des plus grosses villes de la région. L’équipe a aussi découvert une muraille de fortification ainsi que plusieurs bâtiments dont un temple et atelier de production de fer. Mais des découvertes importantes faites par l’université sortent du lot : les plus anciennes inscriptions déchiffrables du Royaume des Philistins et des temples datant du 11è siècle avant Jésus-Christ.

7. 24 nouveaux géoglyphes découverts au Pérou

Les géoglyphes de la civilisation Nazca au Pérou découverts en 1927 sont bien connus : ils datent d’entre 400 av. J.-C. et 650 de notre ère. En février 2015, la Yamagata University Institute of Nasca a découvert 24 nouveaux géoglyphes datant probablement de l’ère des Paracas (-800 à 200). Une information qu’il faut encore vérifier. Selon les experts, ces dessins seraient des appels aux Dieux pour faire tomber la pluie. Rappelons que ces dessins portent tout de même à confusion : ils ne sont visibles que du ciel, et restent détectables, des siècles plus tard. Plusieurs théories tentent de les expliquer, mais aucune ne fait l’unanimité. Les géoglyphes péruviens restent un mystère.

8. Des outils en pierre vieux de 3.3 millions d’années découverts au Kenya

En mai 2015, les plus anciens outils en pierre sont découverts au Kenya par l’archéologue française Sonia Harmand, datés de 3.3 millions d’années avant notre ère. Ce sont les plus anciens outils du monde découverts à ce jour, ce sont également les plus anciennes traces d’une activité de type humain. Le plus vieux site archéologique est découvert. Les pierres sont grossièrement taillées, mais aucun doute : il s’agit bien d’outils (même si certains avoisinent les 15 kilos). Cette découverte prouve que les humains n’étaient pas les premiers à se servir d’outils fabriqués. Les australopithèques ou les kenyanthropes en étaient tout autant capables.

9. Des preuves de momification pendant l’Âge du Bronze en Grande-Bretagne

En octobre 2015, une équipe d’archéologues des universités de Sheffield, Manchester et de l’University College de Londres ont publié une étude laissant comprendre que la momification aurait été une pratique répandue en Grande-Bretagne pendant la période de l’Âge du Bronze. Étrange découverte. Depuis quelques années, les scientifiques ont fait diverses comparaisons des corps momifiés provenant du Yémen avec d’autres corps venant d’Irlande. Ils ont ainsi inspecté plus de 300 fragments d’os sur 26 sites différents. Près de la moitié semble avoir subi de telles pratiques et date de l’Âge du Bronze. Les os portent des marques de brûlures : la momification a été faite en « fumant » les corps pour les préserver. Cette découverte change profondément nos perceptions sur les croyances funéraires en Europe à cette époque.

10. Restes d’un avion crashé en 1940 lors de la Bataille d’Angleterre

En Angleterre, un organisme propose aux vétérans et aux blessés de guerre de participer à des fouilles archéologiques pour retrouver des vestiges des batailles ayant lieu dans le pays. C’est dans le cadre de ce projet que l’équipe retrouve un avion s’étant crashé en 1940 durant la Bataille d’Angleterre. L’avion appartenait à l’escadron 609, utilisé pour bombarder l’ennemi durant la Seconde Guerre mondiale. Lors de la Bataille d’Angleterre, l’avion fut touché par les forces ennemies, ce qui força le pilote, l’Officier Paul Baillon, à sauter de l’avion, parachute sur le dos.