Budget: nos gouvernements doivent sortir d’une vision à la petite semaine

Combien de milliards la suédoise va-t-elle devoir trouver pour combler le trou budgétaire ?

Il y a deux chiffres avancés par le Comité de monitoring : le premier est de 2,2 milliards si l’on veut respecter les règles européennes, sachant que les dépenses liées à la crise migratoire ne sont pas prises en compte. Le second est de 3,2 milliards si le gouvernement veut respecter la trajectoire budgétaire qu’il s’est fixée pour parvenir à l’équilibre en 2018.

La ministre du Budget n’est guère capable d’avancer de chiffre précis ?

Il faut comprendre que cette publication du Comité nous apprend que si l’on doit respecter les prescrits européens, le chiffre est de 2,2 milliards. Chaque ministre y va de sa proposition. La ministre du Budget avance ce chiffre-là, ce qui laisse supposer que l’objectif d’équilibre à 2018 est abandonné.

Comment expliquer ce dérapage dans le budget ?

Le budget se calcule en nominal : ce qui rentre dans les caisses et les efforts à faire. Ces derniers se calculent en termes structurels. Le dérapage s’explique par des recettes surévaluées. A qui imputer cette surestimation ? Un élément de réponse est que l’indexation des dépenses sociales interviendra plus tôt que prévu.

Comment combler ce trou ? Doit-on craindre de nouvelles taxes ? Réduire les dépenses publiques ?

Il faut voir à quel horizon on réfléchit. Ces 2,2 milliards doivent être trouvés à court terme. Il va donc falloir augmenter certaines taxes ou réduire certaines dépenses. Politiquement cela poserait un gros problème de couper encore dans la sécu. Augmenter encore l’impôt ne serait pas accepté par la N-VA. L’équation sera difficile. On fera un peu de tout, on trouvera quelques astuces. Il faudra rendre une copie qui passe l’examen de la Commission européenne avant fin avril. Quant aux solutions avancées çà et là, elles valent pour le moyen ou le long terme : taxer davantage les multinationales, par exemple. Sur ce point la Belgique est très ennuyée car elle a bâti son attractivité fiscale sur base du ruling. Pour ce qui concerne la réforme globale de la fiscalité, tout cela ne peut pas être décidé en quinze jours.

Peut-on réduire les dépenses publiques ?

En Belgique, on sous-investit dans les infrastructures publiques depuis les années 80. Nous en avons d’ailleurs fait un supplément dans notre journal samedi passé. Mais ceci est complexe. Une dépense publique n’est pas l’autre. On ne peut pas couper toutes les dépenses de 10 %. Certaines peuvent être réduites, d’autres doivent être augmentées. C’est un processus de longue haleine qui aurait dû être entamé depuis 10 ou 15 ans et qui traduit une problématique générale. La sortie du nucléaire, c’est pareil. On n’a pas anticipé. LA question est celle de notre projet d’avenir.

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