Le Madmusée invite quatre artistes d’art brut au Théâtre de Liège

Le Madmusée a beau être jeté sur les chemins du vagabond depuis que la ministre Milquet (CDH) a gelé le projet de rénovation du « Trink-Hall » au parc d’Avroy, il continue vaille que vaille ses missions d’exposition en collaboration avec le Théâtre de Liège.

Pour le coup, il a invité en résidence dans le bâtiment de L’Émulation quatre ateliers qui travaillent avec des personnes atteintes d’un handicap mental – le Créahm à Liège, De Zandberg à Courtrai, ActionSpace à Londres et Goldstein à Francfort- leur demandant d’investir la salle des pieds légers. Baptisée « Capharnaüm », l’exposition est accessible dès ce mercredi (lire ci-contre).

Quatre artistes ont installé un univers qui oscille entre la recréation de l’espace intime à l’instar d’une cabane ou d’un cocon fougueusement tissé et la pulsion libératrice qui fait littéralement exploser nos codes de représentation.

Hendrik Heffinck (De Zandberg) agglomère des objets récupérés et construit ce qui ressemble à une maison et son jardinet. Il colle, repeint et fixe au papier collant des objets du quotidien qui deviennent « kunst-Wc » ou « kunst-bed ».

Crayons, tissus... créatifs

Pascal Tassini (Créahm) utilise sa technique favorite – les nœuds de tissu- pour monter sa cabane et accueillir des amis. Il y expose ses missives amoureuses aux caractères issus de l’alphabet marin – des vagues, rien que des vagues. Interminablement tortueux, ses nœuds sont à la fois tourment et escalier en colimaçon vers l’infini.

Nnema Kalmu – ActionSpace- a reçu des cassettes VHS glanées aux « Petits Riens » qu’elle déroule et réenroule avec du papier cellophane, de la laine et du papier collant dans de larges mouvements rapides et circulaires pour composer de fragiles cocons. Son geste est hypnotique, à l’instar de ses crayonnés réalisés sur papier. Gerg Vaternham dit Selbermann – Goldstein- s’est promené à Liège à la recherche des tours qu’il aime tant dessiner, peindre ou reproduire sur des panneaux qu’il détoure ensuite pour ne garder que la silhouette. Avec son appareil photo, il immortalise des portraits de femmes qu’il peint sur des assiettes récoltées à la brocante.

« Ce type de rencontre entre ateliers crée des liens alors que souvent ces artistes ont l’habitude de travailler seuls. Cela demande beaucoup d’énergie car il faut les accompagner mais, au final, ils sont très professionnels dans leur art », explique Pierre Muyle, directeur du Madmusée. Pascal Tassini grommelle - il reste quelques heures avant le vernissage. « Dis, tu as fini de parler maintenant ? Je dois encore travailler ! »

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