Exclusif: l’arme d’Abaaoud était un FN belge

La seule arme retrouvée près du corps du terroriste, dans l’appartement de Saint-Denis, provient de Herstal.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 2 min

C’est avec un pistolet PSA FN Browning 1935 GP Sport, fabriqué à Herstal, que le terroriste belgo-marocain Abdel Abaaoud a tenté de se défendre face aux agents du Raid lors du siège de l’appartement de Saint-Denis, le 18 novembre dernier à Paris. Ni la provenance de l’arme ni son propriétaire ne sont contestables : sous le bloc culasse de l’arme a été retrouvé le poinçon du Banc d’épreuves de Liège, et l’une des empreintes du coordinateur des attentats de Paris – l’empreinte de son index droit – a été retrouvée à l’intérieur de l’arme, signe que ce pistolet était le sien et qu’il l’avait démonté et probablement nettoyé.

Cette arme belge dans les mains d’un terroriste belge est pourtant une exception remarquable dans le lot de presque cinquante armes liées aux attentats terroristes français de 2015 et que Le Soir a identifié avec ses partenaires de l’European Investigative Collaborations (EIC), un nouveau réseau d’enquête regroupant notamment Der Spiegel, Mediapart et El Mundo. La totalité des armes effectivement utilisées dans les attentats contre Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher et le Bataclan sont des armes anciennes provenant de l’Europe de l’Est, héritage des guerres des Balkans. L’Union européenne est ainsi rattrapée, non pas par un fait neuf de criminalité, mais par un dossier ancien qu’elle n’a pas su gérer : la neutralisation des armes de guerre issue des conflits du XXe siècle.

L’arsenal qu’a utilisé Amedy Coulibaly dans ses attentats de Fontenay-aux Roses, de Montrouge puis de l’Hyper Cacher montre qu’un Etat en particulier,la Slovaquie, n’a pas adopté à temps des procédures sérieuses de neutralisation des armes de guerre. Via des filières franco-belges, le terroriste s’est procuré un lot de pistolets à répétition Tokarev et fusils d’assaut CZ qui étaient censés être neutralisés, mais qui ont été rendus à nouveau opérationnels avec des outils basiques de garage. Cette vague d’armes de guerre slovaques a contaminé la France à partir de 2013 et a permis les attentats parisiens.

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