Charleroi: quand l’enseignement spécial s’invite à l’école ordinaire

C’est une première en Hainaut : une classe de l’enseignement spécialisé de type 2 va intégrer les locaux d’une école ordinaire. Deux opérateurs de l’enseignement libre ont convenu d’un partenariat. Des financements privés sont sollicités pour boucler le budget.

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Inclure une classe complète de l’enseignement spécialisé de type 2 dans les locaux d’une école ordinaire du fondamental : c’est le projet que portent les pouvoirs organisateurs de l’école libre d’enseignement spécialisé Mont Chevreuil à Roselies (Aiseau-Presles) et de l’école Saint Paul à Mont-sur-Marchienne (Charleroi). Si une expérience pilote de ce type est menée depuis 13 ans en région liégeoise à Banneux, il s’agit d’une première en Hainaut.

A l’origine, il y a le combat d’une maman, Carmela Morici, dont le petit Luther âgé de 5 ans est en « intégration » dans une classe maternelle ordinaire. « Quand je me suis inquiétée de la suite de sa scolarité, il est vite apparu que la seule voie possible était l’enseignement spécial, Luther n’ayant pas la capacité de suivre les cours de première primaire », explique-t-elle. Pas résignée, elle a multiplié les démarches, jusqu’à découvrir le projet de Banneux. Elle s’en est emparée pour en proposer la transposition en région de Charleroi.

Deux opérateurs du libre ont répondu présent : les PO de Mont Chevreuil et de Saint Paul. Si une convention entre eux est à la signature pour la répartition des subsides et des charges, le projet devra être validé par la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH), qui s’y est montrée favorable. Et recevoir l’aval du conseil de zone pour être mis en exécution. Sauf imprévu, tout sera prêt pour la rentrée scolaire de septembre 2016. Il s’agit d’inclure une classe comptant de 7 à 11 enfants âgés de 6 à 13 ans dans les bâtiments de l’école Saint Paul. Dans le but de réunir ce que Carmela Morici appelle « le meilleur des deux mondes »  : d’une part l’encadrement pédagogique, éducatif et thérapeutique dont ils ont besoin pour s’épanouir (logopédie, kiné, puéricultrice, plan individuel d’apprentissage), de l’autre les échanges avec les autres élèves, à la récréation, la garderie, pendant les repas, lors des excursions.

Selon leur niveau de maturité, ils iront alors en « accrochage » dans les classes ordinaires pour y suivre les cours habituels. Les handicaps de type 2 sont des déficiences mentales de modérée à sévère : trisomie 21, syndrome du X fragile. « Il est important de changer le regard de la société sur le handicap. D’ouvrir aux enfants différents le droit à vivre une vie ordinaire. »

Enseignants et parents ont été informés du projet. Une soirée de présentation est prévue le 25 avril. La concrétisation réclame des financements. les besoins sont chiffrés à 50.000 euros en mobilier et adaptation de locaux. Il faut y ajouter le coût de la formation pour les membres du personnel de l’école Saint Paul : instituteurs, surveillants, auxiliaires de garderie. Dans ce cadre, des mécènes ont été sollicités.

 

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