Attentats de Bruxelles: comment gérer les jours d’après?

Alors que 31 personnes sont mortes et 250 ont été blessées dans les attentats commis à Zaventem et dans la station du métro bruxellois Maelbeek, la vie reprend doucement son cours, ce mercredi à Bruxelles. Les transports en commun roulent, les centres commerciaux sont ouverts…

Comment recommencer à vivre normalement ? Comment en parler aux enfants, aux adolescents ? Que leur dire, que leur cacher ? Dimitri Haikin, psychologue et psychothérapeute a répondu à vos questions lors d’un chat ce mercredi matin.

Bonjour, on a mal aujourd’hui. Comment évacuer cette colère ? (JP)

« Votre colère est juste. C’est l’émotion que la nature nous a donnée pour faire face aux injustices, aux blessures de la vie. Donnez-vous la permission de l’exprimer avec force ! Par la parole ou l’écriture par exemple, comme vous le faîtes ici et maintenant. J’éprouve la même émotion que vous. »

Hier nous étions tôt à l’aéroport pour le départ de notre enfant en voyage scolaire. Ensuite j’ai pris le métro stockel/arts-loi à chaque fois 1ou 2 heures avant les événements. Hier soir j’ai craqué en me disant que cela aurait pu être moi ; Je pense à tous ces gens et je pleure. Comment avancer ? (Sophie)

« Vous êtes consciente d’avoir eu beaucoup de chance dans vos déplacements d’hier. C’est la réalité. C’est une bonne chose que vous ayez pu « craquer » et exprimer librement vos émotions car elles sont justes et adaptées à la réalité de la situation que vous avez vécue hier avec vos enfants. Prenez le temps de digérer et surtout éviter toute forme de culpabilité car vous n’avez strictement rien fait de mal ! »

Que dire à une enfant de 5 ans ou de 3 ans habitant Bruxelles. Ils sentent bien que quelque chose ne tourne pas rond. (Jeune papa)

« Ne leur cacher pas les choses ! Parlez avec authenticité avec des mots adaptés à leur âge ; par exemple : des méchantes personnes ont tué d’autres personnes qui n’avaient rien fait… Dans le monde, il y a des gentilles personnes et d’autres qui sont méchantes. »

Faut-il avec des enfants et ados (9 ans, 16 ans) susciter les questions ou les laisser venir ? Mon intuition est de tester le terrain en douceur et de voir comment ils réagissent, chacun selon son âge, et d’adapter sa parole. (Steph)

« 100 % d’accord avec vous. Je pense qu’il faut absolument parler vrai aux enfants sans édulcorer la réalité mais en maintenant le droit à vivre avec de l’insouciance car elle est notre système immunitaire contre l’anxiété ! »

Organiser des séances de parole dans les écoles, notamment hors de Bruxelles, n’est-ce pas créer une angoisse chez des enfants qui n’en manifeste pas forcément ? (Croco)

« Je préférerais des temps d’écoute en classe avec les professeurs habituels car effectivement l’effet pervers serait de générer de l’angoisse par un trop plein de paroles ! Certains jeunes ont besoin de digérer les événements dans un premier de l’intérieur. »