Hamadi : «Dégage, terroriste ! Lettre ouverte à tous ces connards»

Auteur, conteur, comédien, chanteur, metteur en scène, Hamadi livre depuis une trentaine d’années de nombreux spectacles à la fois magiques, drôles, poétiques et parlant de notre monde. Parmi ceux-ci, « Sans racines et sans ailes » mettant aux prises un père musulman laïc et son fils islamiste ou encore « Un fils de notre temps » où il aborde le retour chez nous d’un djihadiste parti en Syrie. Il réagit aux attentats de Bruxelles dans une lettre ouverte qui pourra en choquer certain(e)s par sa véhémence verbale, mais qui traduit un véritable sentiment de colère.

« Dégage, terroriste ! Lettre ouverte à tous ces connards »

Vous êtes encore passés à l’attaque, immondes abrutis, tas de cloportes, enfants de rien, sales connards tous autant que vous êtes !

Vous n’êtes rien, vous ne représentez rien ni personne, je n’ai rien de commun avec vous. Rien. Je vous exècre pour le mal que vous faites à la foi paisible d’un milliard d’humains sur cette terre ! Chacun de vos mots, chacun de vos gestes est une pelletée de boue que vous jetez à la figure de nos pères, de vos pères, vous ne parlez au nom de personne, vous n’êtes que des malfrats, des bandits, des délinquants, juste des cons parce les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !

Petites frappes sans envergure, Petits malfrats sans carrure, délinquants médiocres, fils méprisables, frères haïssables, jeunes odieux, crapules haineuses, vous êtes rances dans votre aigreur, rétrogrades dans vos comportements, arriérés dans vos croyances, incultes jusqu’à l’os, bouffis dans le vinaigre de votre catéchisme, cramoisi dans votre haine ; sans culture sinon celle de la foi aveugle, sans amour sinon celui du sang, assassins d’enfants, égorgeurs de vieilles mères, violeurs bestiaux de femmes, salauds de malfaisants ! Au mieux vous passerez par la case tombeau d’une prison qu’on vous souhaite la plus infâme possible ou alors finir tous tripes à l’air dans les fosses communes de l’histoire. Vous ne méritez pas mieux, rien de mieux parce que vous êtes des lâches et des traîtres.

Vous êtes des lâches parce que vous attaquez à visages couverts, dans l’anonymat des couards, dans l’obscurité des poltrons pour commettre des assassinats sur des innocents qui n’ont rien demandé à personne. Vous êtes lâches parce que la mort vous soustrait à votre responsabilité. Seule la responsabilité donne du crédit à l’action. Tuer et puis se donner

la mort est la plus grande des lâchetés, rien d’héroïque dans ce geste, rien d’admirable dans cette posture, juste lamentable !

Et vous êtes des traîtres oui.

Traîtres à l’amour de vos mères, elles qui n’espéraient que le meilleur pour vous et qui jamais ne vous auraient armés pour aller tuer aveuglément ;

Traîtres au rêve de vos pères qui auraient espéré que votre vie soit meilleure que la leur ;

Traîtres à l’histoire de vos aïeux qui jamais n’auraient pensé compter en leur sein la chienlit que vous êtes devenus ;

Traîtres à vos coreligionnaires que vous pointez à la vindicte des extrêmes ;

Traîtres à vos frères et sœurs pour qui vous ne serez jamais d’aucune aide et pire, dont vous polluez l’avenir ;

Traîtres enfin au pays qui vous a vu grandir et qui a été un lieu d’asile pour vos parents.

Lâches, traîtres et abrutis qui acceptez vos chaînes, chiens rampants et dociles, voilà que vous vous faites les serviteurs zélés, les ramasse-merdes de vos maîtres, les bien pansus d’arabes enturbannés qui vous dirigent. Ceux-là vous méprisent, vous utilisent, vous manipulent, pantins dérisoires d’une guerre qui n’est pas la vôtre. Vous vous pensez des héros, vous n’êtes que de pitoyables pieds nickelés. Vous vous voudriez des modèles, vous n’êtes que des caricatures. Vous vous pensez libres et souverains, vous n’êtes que des pitres et des idiots utiles. Vous n’êtes ni islamiste ni révolutionnaire, vous êtes comme une plante, vous êtes là où on vous pose !

Vous ne représentez rien de la culture millénaire dans laquelle je suis né. Vous ne représentez rien de la culture tout autant millénaire dans laquelle je vis aujourd’hui.

Et je vous le dis

Moi,

j’aime ce qui n’est pas pur j’aime les origines multiples les métissages féconds

les mélanges bruyants et brouillés

oui j’ai choisi de vivre avec les autres

Non ça ne me dérange pas qu’il y ait plusieurs dieux et plusieurs religions et pas de religion du tout. Je m’en fiche.

Croit qui veut. Ne croit pas qui veut. Je m’en fiche !

je ne veux être le censeur de rien ni de personne

Moi,

Je fête l’amour et l’amitié.

Je ris, je chante et je danse.

Je bois

Je fornique

Je fais tout ça oui !

Je suis musulman si je veux !

Je suis juif tout autant oui

Je suis noir,

je suis homosexuel,

Je suis mécréant,

Je suis femme,

Je suis apostat,

Je suis chrétien,

Je suis athée,

Je suis tout ça et je vous emmerde !

HAMADI Auteur-Interprète Le 22 mars 2016

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