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Jan Jambon et Koen Geens ont présenté leur démission, Charles Michel les refuse

Le comité ministériel restreint s’est réuni ce midi pour se pencher sur le dossier du kamikaze Ibrahim El Bakraoui, dont l’expulsion de Turquie à l’été 2015 avait été communiquée aux autorités belges.

Par Bernard Demonty et Véronique Lamquin

Temps de lecture: 4 min

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Jan Jambon et Koen Geens ont présenté leur démission dès mercredi à Charles Michel. Le Premier ministre l’a refusée, estimant que le contexte ne permettait pas de se passer des ministres de l’Intérieur et de la Justice : la menace est toujours au niveau 4 et deux auteurs des attentats sont toujours en fuite. Si les ministres N-VA et CD&V ont pris cette décision, c’est principalement en raison de l’affaire El Bakraoui.

Jan Jambon, croisé à la Chambre, nous confirme : « J’ai présenté ma démission. Monsieur Geens également. Elles ont été refusées. Nous continuons. Il y a eu deux sortes d’erreur. Au niveau de la Justice et au niveau de l’officier de liaison en Turquie, ce qui implique donc les départements de l’Intérieur et de la Justice. Mais maintenant, nous continuons notre travail. »

« Toute la transparence sera faite »

Cette situation intervient après des propos tenus jeudi par le président turc Erdogan. Le comité ministériel restreint s’est réuni ce jeudi midi pour se pencher sur le dossier Ibrahim El Bakraoui, dont l’expulsion de Turquie à l’été 2015 avait été communiquée aux autorités belges, avait affirmé mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Si la démission des ministres a été refusée par le Premier ministre, l’affaire El Bakroui sera évoquée à la Chambre. « Et toute la transparence sera faite. Le gouvernement collaborera avec le Parlement », a précisé Charles Michel à l’agence Belga. Concrètement, une réunion de la commission Terrorisme est programmée ce vendredi à midi. Et, à 14h30 se tiendra une commission conjointe Affaires intérieures, Justice, Affaires étrangères. Les trois ministres concernés devraient être entendus une première fois.

Petit rappel des faits. Ce mercredi, à l’issue d’une visite d’Etat en Roumanie, le président turc Erdogan a indiqué qu’Ibrahim El Bakraoui avait été arrêté le 15 juin dernier à Gaziantep, à 50 kilomètres de la Syrie. La Turquie l’aurait détenu un mois, puis renvoyé, à sa demande, à Amsterdam. La Turquie affirme qu’elle a informé tant la Belgique que les Pays-Bas de cette situation, de la dangerosité de l’individu, qu’elle soupçonnait d’être un djihadiste et qu’aucun des deux pays n’a pris l’information au sérieux. Une source ministérielle turque a même affirmé jeudi qu’El Bakraoui aurait même été appréhendé à deux reprises.

El Bakraoui était pourtant bien connu de la Justice belge. Il avait été condamné à 10 ans de prison en 2010, pour divers cambriolages et pour avoir fait feu sur des policiers à la Kalachnikov. Il avait ensuite bénéficié de la libération conditionnelle, sur décision prononcée par le tribunal d’application des peines, sur avis négatif de l’administration pénitentiaire. Parmi les conditions mises à sa libération, El Bakraoui ne pouvait se rendre plus d’un mois à l’étranger, et devait s’entretenir tous les mois avec l’assistant de justice.

Des conditions qu’El Bakraoui a respectées jusqu’en juin dernier. Puis il disparaît. Les autorités turques l’arrêtent le 15 juin à la frontière syrienne. El Bakraoui est donc renvoyé à Amsterdam, mais étrangement, il n’est inquiété ni interrogé par personne. Le ministre de la Justice s’est défendu hier en avançant que le lien avec le terrorisme n’était alors pas établi. Le fait que l’arrestation ait eu lieu à la frontière syrienne rend cette thèse hautement fragile.

Ce n’est qu’un mois après son retour à Amsterdam que la Justice belge constate qu’il ne respecte pas les conditions de sa libération. Malgré cela, El Bakraoui a pu courir dans la nature jusqu’à ce sinistre 22 mars…

Devant la gravité des faits, il reste à voir si la position des deux ministres, malgré le refus de démission par Charles Michel, sera longtemps tenable… Ces dernières heures, on a assisté à un renvoir de responsabilités. Le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens, estimait par exemple que le suivi des libérations conditionnelles était du ressort des communautés. La Fédération wallonie-Bruxelles serait donc responsable...

 

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