La Langue Franco-mathématique en Fête

Non, les mathématiciens de la Maison des Maths ne sont pas des personnes au caractère obtus, dont la priorité absolue serait de mettre en évidence la grandeur et la puissance relatives à leur discipline prétendument supérieure.

Cette semaine, ils ont voulu prendre la tangente, placer entre parenthèses les contenus développés habituellement dans cet espace pour, à leur manière, s’inscrire dans la période de la Langue Française en fête. Et à cette occasion, ils vous mettent au défi : trouverez-vous, au sein de ces lignes, les 106 mots qui ont aussi une signification en mathématiques ? Dans ce qui précède, 16 ont déjà été repérés pour vous : à vous de débusquer les 90 autres.

Voilà, le cadre est placé. Encore faut-il trouver quelque chose à vous dire, un sujet tant soit peu absorbant, qui vous donne l’envie de me lire jusqu’au bout…

Et si l’on parlait de votre rapport aux mathématiques ?

Faisiez-vous partie de ces étudiants en détresse, souvent discrets, qui se sentent inférieurs, nuls en maths, persuadés que ce n’est définitivement pas leur rayon ? À l’origine de cette perception négative d’eux-mêmes, des difficultés de compréhension multiples et variables qui les ont amenés, de façon récurrente ou continue, à douter de leurs capacités. Les plus irréductibles d’entre eux se retrouvent en perte de repères au niveau de leur scolarité, mais aussi, et c’est plus grave, en déficit d’estime de soi. Aussi irrationnelle soit-elle parfois, cette donnée est facteur de division de l’univers en deux classes : les « bons » en maths et les « mauvais » en maths. Choisir sa position dans l’un ou l’autre de ces ensembles n’est pas une décision quelconque, neutre. Car par la suite, pour les enseignants qui encadrent ces jeunes, il va s’agir de prendre le mal à ses racines, sur une longue période, pour qu’une réelle et solide transformation puisse s’opérer. Plutôt que de laisser nombre d’entre eux dériver, il s’agit de les intégrer dans un système qui ne soit pas vecteur d’inégalités.

Multiplier les canaux sensoriels

Les recherches en pédagogie ont montré notamment que le fait de multiplier les canaux sensoriels pouvait faire la différence et contribuer à la résolution du problème. Et c’est vraiment ce qu’a connu l’échantillon des 589 visiteurs au Pi-day il y a 10 jours, dans ce lieu en plein développement qu’est la Maison des Maths. Pour y entrer, pas besoin d’être du secteur, d’appartenir à la sphère des mathématiciens, ou d’être membre d’un monde parallèle et fermé qui serait peuplé exclusivement de génies bizarres et de personnes à haut potentiel. Grâce à un encadrement de qualité assuré par des ani-math-eurs au sommet de leur forme, les visiteurs sont, sans crainte, partis explorer divers triangles des Bermudes de leurs connaissances. En réalisant des tours de mathémagie, en entourant des objets circulaires de ficelles et en comparant celles-ci au diamètre de l’objet, en construisant des polyèdres colorés, en reconstituant des constellations étoilées, en écoutant et jouant des contes (ou paraboles ?) mathématiques, ils ont eu l’occasion d’une mise en perspective de quelques aspects des mathématiques qui a modifié leur image du domaine. Et ce qui est remarquable, c’est qu’ils y ont pris leur pied ! Le sourire affiché sur toutes les faces, sur toutes les figures des visiteurs solitaires, des couples et des familles rentrant chez eux en était le signe. Aucune division sur ce point : ils en sont ressortis positifs et légers, tels des cerfs-volants, ayant pris à la fois du plaisir naturel et de la hauteur.

Voilà, c’est fini !

Vous voici au terme de cet article. Peut-être vous êtes-vous contentés de le parcourir en diagonale ? Le lecteur exigeant pardonnera sa longueur et la légèreté de son contenu : il s’agissait plus d’un exercice de style truffé de simplifications que d’une démonstration orientée qui révolution-nerait à grande échelle l’image que vous vous feriez sur le milieu des mathématiciens et sur son enseignement. Ne vous méprenez pas sur mes intentions : loin de moi l’idée de vous convertir aux mathématiques ! Je commettrais un impair, m’inscrivant à l’opposé de l’esprit de cette chronique en ligne. Néanmoins, vous m’avez comprise, n’est-ce pas ? Alors, qui dira encore que la langue française des mathématiques est obscure, inaccessible et sans poésie ?

Pour la www.maisondesmaths.be

C. Mousset

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