L’homme suspecté d’avoir planifié un attentat en France a vécu à Ixelles

Reda Kriket a été arrêté jeudi en banlieue parisienne. Il est directement lié au belge Abdelhamid Abaaoud.

Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 4 min

Les dernières informations sur mobile

Reda Kriket, ex-braqueur de 34 ans, a été arrêté ce jeudi à Boulogne-Billancourt (banlieue parisienne). Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait ensuite annoncé qu’un projet d’attentat « à un stade avancé » avait été déjoué, sans donner plus de précisions. Plusieurs fusils d’assaut, dont des kalachnikovs, et des explosifs avaient également été découverts dans un appartement d’une autre ville de banlieue.

Le JDD révèle que le voyou réputé hyperviolent a vécu à Bruxelles pendant plus de 3 ans. En 2011, le Français se fixe à Ixelles. Il s’intègre dans la mouvance du prédicateur bruxellois Khalid Zerkani et reste en Belgique jusqu’à l’automne 2014. Avant de rejoindre la Syrie.

Un réseau européen

Depuis, l’enquête progresse rapidement et s’étend à plusieurs pays européens.

L’enquête sur le projet d’attentat déjoué jeudi en France révèle des connexions européennes : après deux hommes inculpés en Belgique, un Français a été interpellé dimanche aux Pays-Bas, tous trois soupçonnés d’avoir été en lien avec le principal suspect, Reda Kriket.

Lire aussi : Pays-Bas : interpellation d’un Français suspecté de préparer un attentat

Cette affaire est distincte de l’enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts) et du 22 mars à Bruxelles (31 morts), revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), même si certains liens entre des protagonistes ont pu être établis.

1.

Reda Kriket à Boulogne

Reda Kriket, ex-braqueur de 34 ans, a été arrêté jeudi à Boulogne-Billancourt (banlieue parisienne). Un projet d’attentat « à un stade avancé » est déjoué. Plusieurs fusils d’assaut, dont des kalachnikovs, et des explosifs avaient également été découverts dans un appartement d’une autre ville de banlieue.

2.

Anis B. à Montreuil

Dimanche, Anis B., un Français de 32 ans, né à Montreuil (banlieue parisienne) et domicilié dans le département du Val-de-Marne limitrophe de Paris, a été interpellé à Rotterdam (Pays-Bas). Cet homme, qui a séjourné en Syrie, est soupçonné d’avoir été mandaté par l’EI pour commettre un attentat en France avec Reda Kriket, a indiqué une source policière.

«  Il a été arrêté à la suite d’un mandat d’arrêt européen délivré vendredi par les juges d’instruction français », selon une source judiciaire. Il sera livré à la France «  sous peu » pour y être entendu, a indiqué de son côté le parquet néerlandais. Trois autres suspects, dont deux hommes de 43 et 47 ans d’origine algérienne, ont également été interpellés à Rotterdam, où ont eu lieu plusieurs perquisitions.

3.

Abderamane A. et Rabah N à Bruxelles

L’enquête s’est aussi rapidement orientée vers la Belgique. Deux hommes, Abderamane A. et Rabah N., arrêtés vendredi dans le centre de Bruxelles, ont été inculpés pour «  participation aux activités d’un groupe terroriste » et placés en détention préventive. Né en 1977 en Algérie, Abderamane A., dont l’inculpation a été annoncée dimanche, est connu des services antiterroristes. Considéré comme «  un volontaire djihadiste », il avait été condamné en 2005 à sept ans de prison et à une interdiction définitive du territoire français, pour avoir aidé deux militants tunisiens à assassiner le commandant Ahmad Shah Massoud en Afghanistan le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats meurtriers du réseau Al-Qaïda aux Etats-Unis.

Des liens avec les attentats de Paris et de Bruxelles

Si cette affaire est distincte de l’enquête sur les attentats de Paris et Bruxelles, des relations ont toutefois pu être établies. Kriket avait été condamné par contumace l’an dernier en Belgique dans le procès d’une filière djihadiste vers la Syrie, dont l’un des principaux prévenus n’était autre que le Belge Abdelhamid Abaaoud, figure des djihadistes francophones de l’EI et un des organisateurs présumés des attentats parisiens. Cette filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, le «  plus grand recruteur de candidats au djihad » en Belgique, d’après les autorités belges.

Reda Kriket avait écopé de 10 ans de prison par défaut. L’enquête avait mis en lumière son rôle de financier de la filière Zerkani : il reversait une partie de ses braquages et activités de recel, au nom du principe musulman de la Ghanima (le partage du butin de guerre). L’homme est toujours en garde à vue en France. Celle-ci peut durer jusqu’à lundi, voire mercredi en cas de risque d’attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

À lire aussi Dans les mosquées, pas de prières pour les mécréants

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une