Attentats de Bruxelles: Fayçal Cheffou avait un alibi, selon son avocat

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Fayçal Cheffou, placé sous mandat d’arrêt vendredi après avoir été interpellé devant le parquet fédéral, a été libéré. Son avocat, Olivier Martins, a confié à la RTBF que son client avait un alibi.

« Il a donné un alibi au niveau de la téléphonie, disant qu’il était chez lui au moment des attentats. Il a aussi reçu des appels. Et, là aussi, j’ai demandé au juge d’instruction que l’on fasse immédiatement une (analyse de la) téléphonie précise et que l’on borne son téléphone pour savoir si cela confirmait son alibi. Le juge d’instruction a fait exécuter immédiatement ces devoirs et, apparemment, ces devoirs se sont révélés être à décharge. »

« Je ne peux rien reprocher au juge d’instruction »

L’avocat de Fayçal Cheffou estime que « compte tenu du contexte dans ce dossier, on peut se dire qu’on a préféré le garder, l’avoir sous la main. Mais si cela avait duré trois ou quatre mois, j’aurais trouvé cela tout à fait scandaleux ».

Avant de conclure : « Ici, je ne peux rien reprocher au juge d’instruction, puisqu’il a travaillé ce week-end justement sur le dossier, à charge et à décharge, et les éléments qu’il a recueillis se sont avérés complètement à décharge. »

Yvan Mayeur regrette la libération de Fayçal Cheffou

Yvan Mayeur, quant à lui, regrette la remise en liberté de Fayçal Cheffou, qu’il considère comme un agitateur et possible recruteur de djihadistes, même s’il a été mis hors de cause dans les attentats de Bruxelles. « La frontière est ténue entre un radical agité et un radical recruteur, et probablement que le magistrat n’a pas voulu franchir la frontière », a déclaré Yvan Mayeur sur France Inter.

« Ce personnage est venu agiter les réfugiés, s’est battu avec les représentants des ONG, Médecins du Monde, Samu social, la plateforme citoyenne qui était sur place, et à plusieurs reprises, j’ai demandé qu’on intervienne », a ajouté le bourgmestre. «  J’ai sollicité un magistrat qui a refusé d’intervenir, et j’ai dû prendre, ce qui est exceptionnel, un arrêté d’interdiction de lieu ».

L’homme au chapeau court toujours

Fayçal Cheffou, 30 ans, soupçonné à tort d’être « l’homme au chapeau » de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, a été remis en liberté lundi, sans conditions. Il reste inculpé dans ce dossier, notamment pour « assassinats terroristes », le temps que la procédure suive son cours.

Cet homme de 30 ans, qui se présente comme journaliste indépendant, avait attiré l’attention avec une vidéo militante mi-2014. En 2015, il avait été soupçonné par les autorités locales de tenter de recruter des candidats au djihad dans un parc de Bruxelles où s’étaient installés de nombreux réfugiés.